Découverte de Kerzers et Bern (Octobre 2009)

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    alexpe8
    Admin

    Pays : France

    default Découverte de Kerzers et Bern (Octobre 2009)

    Message par alexpe8 le Mar 27 Juil 2010 - 18:50

    I) Papiliorama Kerzers
    Moosmatte 1
    3210 Chiètres / Kerzers

    Infos pratiques :
    Horaires estivaux : 9h00 – 18h00
    Tarifs : Adulte (dès 16 ans) = 17 CHF (12,4 €) / Enfant (4-15 ans) = 8 CHF (5,8 €)

    Caractéristiques / Le Zoo en Chiffre

    Membre de l’EAZA
    Le parc participe à 5 ESB.
    Près de 1500 animaux (dont plus de 1000 papillons) de plus d’une centaine d’espèces (dont 60 de papillons)
    Superficie : 5 hectares
    En moyenne 20 employés
    Fréquentation : entre 200 et 250 000 visiteurs

    Dates clés
    1988 : Ouverture du premier Papiliorama suisse à Marin par le biologiste néerlandais Maarten Bijleveld van Lexmond et sa femme.
    1er janvier 1995 : Un incendie ravage l’ensemble des structures. Grâce à un mouvement de solidarité, l’établissement peut être ouvert dans l’année avec une nouvelle construction :
    un grand nocturama.
    Juin 2002 : Manquant de possibilité d’extension à Marin, le Papiliorama déménage sur la commune de Chiètres/Kerzers et la construction de la serre aux papillons débutent.
    30 septembre 2002 : Fermeture du Papiliorama à Marin.
    14 avril 2003 : Ouverture du Papiliorama à Kerzers avec un nouveau directeur Caspar Bijleveld.
    Septembre 2003 : Une cinquantaine d’espèces tropicales dont une colonie de chauves-souris sud-américaine vous accueille dans le tout nouveau nocturama.
    2004 : Ouverture à l’extérieur d’une volière à la conception futuriste pour les papillons indigènes.
    13 mars 2008 : Ouverture au public d’une nouvelle serre « Jungle Trek » hébergeant la faune du Belize.

    Carnet de voyage

    Pour finir les zoos du Zootour Franco-Suisse d’octobre 2009 j’ai trouvé plus intéressant de faire des carnets de voyages, sortes de comptes rendus simplifiés et donc un peu moins lourd. Ainsi, je vous propose celui des deux zoos du centre de la Suisse que j’ai visité le même jour.

    ........................

    Nous sommes donc partis en direction du Papiliorama Kerzers où nous étions attendus avant l’ouverture pour pouvoir découvrir l’établissement sous son meilleur jour et sans visiteur ! Après avoir découvert un parking vide, nous arrivons en haut d’une colline qui offre une vue plongeante sur les trois dômes spectaculaires qui composent l’institution :


    En direction du Papiliorama.


    Vue sur les dômes qui composent le Papiliorama.


    Daniela Barilli, avec qui j’avais pris contact, nous attendais de pied ferme et c’est elle qui nous a présenté rapidement le parc et surtout la serre des papillons où nous sommes restés pas mal de temps, le temps que l’appareil photo s’habitue aux conditions climatiques (de 25 à 30 °C / 80 % d’humidité).



    Arrivée dans le Papiliorama.

    Le dôme des papillons, le vrai « Papiliorama », reste encore aujourd’hui l’une des attractions phares de l’établissement. C’est d’ailleurs le premier espace qui a été accessible à l’ouverture en 2003. Plus de 1000 papillons d’une soixantaine d’espèces s’ébattent ici dans une ambiance exceptionnelle recréée sous une serre de 40 m de diamètre et haute de 14 m au centre … Un véritable paradis tropical !




    Différentes vues du Papiliorama.


    Au détour d’un escalier, nous sommes tombés sur un couple de touracos paulines (Tauraco erythrolophus) qui étaient descendus exceptionnellement au sol grâce à l’absence de visiteur. Ils sont arrivés en décembre 2008 d’un éleveur privé.


    « Tient, un touraco ! »


    Touraco pauline (Tauraco erythrolophus).

    Présentons quelques papillons puisqu’ils restent encore les stars de ce lieu, quelques reproductions sont obtenues ici mais l’institution fait également venir des centaines de cocons qu’elle fait éclore dans une « armoire » visible par le public. Je ne suis pas un grand spécialiste des papillons donc l’observation a été plutôt rapide.


    L’un des panneaux présentant les papillons.


    Papillon-chouette (Caligo eurilochus).


    ?


    Hecalé (Heliconius hecale).

    Le reste du temps a été utilisé pour partir à la recherche de l’unique ariane de Lesson (Amazilia amazilia) qui vit ici, je n’avais jamais vu l’espèce avant cette visite ! Selon les dires du parc, des naissances de colibri auraient déjà eu lieu au parc tandis que de rares colibris anaïs (Colibri coruscans) étaient présentés jusqu’en 2009.


    Ariane de Lesson (Amazilia amazilia).

    L’Arthropodarium, accessible depuis le Papiliorama, était fermé lors de ma visite. Habituellement, de nombreux arthropodes sont visibles : mygales, scorpions, phasmes, coléoptère …

    Après avoir quitté la chaleur tropicale du premier dôme, nous nous retrouvons dans le hall d’entrée pour accéder au Nocturama, le second espace de visite. En chemin, il est possible d’observer différentes espèces d’Amérique latine regroupées dans une vaste installation vitrée particulièrement riche en végétation. Sont présentés : des agamis trompettes (Psophia crepitans) ; un couple d’agoutis ponctués (Dasyprocta punctata) arrivés en mai 2008 et qui s’est reproduit en mai 2009 ; et habituellement des tamarins de Goeldi (Callimico goeldii) qui était exceptionnellement absents de leur enclos lors de ma visite, une naissance a eu lieu en décembre dernier.


    Espace des animaux du Nouveau monde.

    Le Nocturama de l’établissement, accessible ensuite, vaudrait à lui seul le déplacement. Sa conception unique et sa collection exceptionnelle (près d’une vingtaine d’espèces) le classe parmi les plus intéressants d’Europe. Ce système de vie inversé a été instauré au temps du Papiliorama de Marin pour des papillons nocturnes. Après avoir été totalement reconstruit à Kerzers, il héberge désormais des espèces parmi les plus énigmatiques des nuits sud-américaines !
    Les photos sont interdites normalement mais j’ai eu l’autorisation de prendre quelques clichés, sans flash bien entendu. Ainsi voici deux vue d’ambiance bien que l’on se rende très peu compte de l’impressionnante superficie (près de 1500 m²).



    Accès au Nocturama.



    Nocturama du Papiliorama.

    Voici une brève présentation de la collection avec pour commencer les espèces présentées en semi-liberté autour de nous dans la première zone grâce à un assemblage de branchages et tunnels passant sous les allées :
    • Paca des plaines (Cuniculus paca) : ce gros rongeur terrestre apparenté aux agoutis est représenté ici par une colonie dépassant la vingtaine d’individus ce qui en fait l’un des plus grands groupes captifs. La dernière naissance remonte au mois de mai 2010.
    • Coendou à queue préhensile (Coendou prehensilis) : Cette espèce de porc-épic arboricole est plutôt rare en captivité. L’institution est l’une des seules en Europe à avoir réussi à reproduire cette espèce délicate (dernière naissance en 2008) et encore une fois elle héberge l’une des plus grandes populations. D’autres individus sont présentés sur l’île au centre du Nocturama.
    • Paresseux didactyle (Choloepus didactylus) : une partie du groupe présent à Kerzers vit également ici tandis que le reste est présent sur l’île citée précédemment. De nombreuses naissances sont également enregistrées chez les paresseux, la dernière datant de décembre 2009.

    Des chauves-souris évoluent en totale liberté au-dessus de la tête des visiteurs qui traversent à la fin du nocturama la grotte des chiroptères, frissons garantis :
    • Il s’agit d’une immense – 300 individus normalement – colonie de chauves-souris frugivores de Seba (Carollia perspicillata) et d’un plus petit groupe de rares glossophages des Pallas (Glossophaga soricina).

    Les autres espèces, par dangerosité ou fragilité, sont présentés dans des enclos ou volières :
    • Anaconda vert (Eunectes murinus)
    • Un groupe reproducteur de kinkajous (Potus flavus) en cohabitation avec des pacas et de rares tatous à neuf bandes (Dasypus novemcinctus).
    • Un tamandua austral (Tamandua tetradactyla) femelle arrivée en juin 2009.
    • Un immense groupe de douroucoulis à pattes grises (Aotus lemurinus griseimembra) composés de plus d’une vingtaine d’individus vit avec des pacas.
    • Et si vous ne les aviez pas encore vu, les pacas sont également visibles avec une chouette à lunettes (Pulsatrix perspicillata) dans une volière de contact.
    • Les ocelots (Leopardus pardalis) étaient confinés à un enclos intérieur situé dans cette zone jusqu’à l’été dernier. Depuis, ils disposent d’une grande volière extérieure que nous verrons en fin de visite. Deux couples vivent au parc mais aucune reproduction n’a eu lieu jusqu’à présent.

    Voici trois vidéos pour que vous puissiez vous rendre compte de l’ambiance particulière de ce lieu unique en son genre :









    De retour dans le hall, nous pouvons découvrir une autre installation vitrée en direction de la dernière serre réalisée ici : « Jungle Trek ». L’espace est une nouvelle fois réservée aux animaux d’Amérique du Sud dont certains sont présents dans le Nocturama – paresseux, douroucoulis à pattes grises et coendous – tandis que d’autres espèces complètent cette présentation exotique : sarcelle à collier (Callonetta leucophrys) ; canard amazonette (Amazonetta brasiliensis) ; roussette de Lyle (Pteropus lylei) ; et des râles ypecahas (Aramides ypecaha) identifiés à tort comme étant de rarissimes râles de Cayenne (Aramides cajanea).


    Hall du Papilorama.


    Intérieure de la grande installation vitrée.


    Râle ypecaha (Aramides ypecaha).


    Douroucouli à pattes grises (Aotus lemurinus griseimembra).


    Queue de coendou (Coendou prehensilis).

    Avant d’entrée dans le troisième dôme, il est possible de parcourir une petite exposition sur les papillons européens. Leurs environnements fétiches y sont ici présentés et le parc donne des conseils pour attirer ces jolis insectes dans le jardin de ses visiteurs.


    En route vers Jungle Trek.


    Exposition sur les papillons européens.

    Nous y sommes désormais, juste devant l’entrée de la dernière réalisation du Papiliorama inaugurée le 13 mars 2008 : « Jungle Trek », la copie de Shipstern qui est le parc naturel de 11 000 hectares créé par l’établissement au Belize. Cette serre est vraiment impressionnante avec ses 18 mètres de hauteur et sa quarantaine de mètres de diamètre. Il s’agit d’un véritable bijou en matière de botanique puisque 60 % des végétaux est issu des graines récoltées sur le terrain mais aussi au niveau de la faune puisqu’elle héberge plusieurs espèces rares, voir jamais vues en Suisse ! Deux ans de travaux et un budget de 2 000 000 CHF (1,5 millions d’euros) ont été nécessaires à sa réalisation.

    Trêve de mots, voici les photos :


    Entrée de Jungle Trek.


    Escalier en collimation permettant l’accès à un pont situé 10 m au dessus du sol.



    Pont panoramique et vue sur la végétation grandissante.


    Descente vers le sol, reconstitution de ruines.


    Paysage typique dans la serre.


    Bassin hébergeant plusieurs poissons typiques dont des cichlidés.


    Autre vue dans la serre.

    Parlons maintenant des espèces maintenues en liberté en commençant par les oiseaux :
    Au sol :
    • Râles ypecahas (Aramides ypecaha).
    • Un couple de grands hoccos (Crax rubra) arrivés en provenance du Zoologisher Garten Berlin. Ils se sont reproduits pour la première fois en juillet 2009.
    • Un groupe de spatules roses (Ajaia ajaja) obtenues d’un éleveur privé en 2006.
    • Sarcelles à ailes bleues (Anas discors), les seuls dans un établissement suisse.
    Et plus haut dans la végétation :
    • Motmots houtoucs (Momotus momota) dont l’un des individus étaient déjà arrivés au parc en 2003.
    • Tourterelles à ailes blanches (Zenaida asiatica), non vu.
    • Une colombe bleutée (Claravis pretiosa)
    • Une rarissime colombe de Verreaux (Leptotila verreauxi) obtenue d’un éleveur privé en 2008. Cette espèce n’est visible que dans un autre établissement d’Europe !
    • Ou encore des colombes à queue noire (Columbina passerina), rare également puisque seul trois établissements européens comptent cette espèce dans leur collection.
    • Un héron strié (Butorides striatus)
    • Mais les oiseaux les plus impressionnants et les plus beaux sont sans aucun doute « Toucki », « Lula », « Severina » et « Sailor », les quatre toucans à carène (Ramphastos sulfuratus) qui évoluent dans cet environnement unique !

    Quelques reptiles vivent aussi ici mais je n’en ai vu aucun. En effet la présence des rares iguanes casqués (Corytophanes cristatus), des iguanes noirs (Ctenosaura similis) ou encore des basilics bruns (Basiliscus vittatus) est confirmée par un panneau placé sur le pont surplombant la canopée.


    Femelle grand hocco (Crax rubra).


    Spatule rose (Ajaia ajaja).


    Motmot houtouc (Momotus momota).



    Un couple de toucans à carène (Ramphastos sulfuratus) était présenté dans une volière lors de ma visite.

    Ces volières ou plutôt installations vitrées sont une autre particularité de ce complexe. Les mammifères ont en effet été logés dans des espaces plus restreints mais tout aussi riche en aménagements et surtout végétation. Ainsi, tout en contemplant le vol des oiseaux libres, les visiteurs auront la possibilité d’observer quelques petits mammifères représentatifs du Belize :
    • « Ilona », une femelle jaguarondi (Herpailurus yagouaroundi) arrivée en mai 2002 du Zoo de Rotterdam (Hollande). Elle a vécu un temps dans le nocturama de l’établissement.
    • Une jolie troupe de pécaris à collier (Pecari tajacu) dont l’enclos était en nettoyage intensif lors de ma visite.


    Enclos des pécaris en nettoyage.

    • Egalement un couple de coatis à nez blanc (Nasua narica), « Costa » et « Pippie », arrivés en 2008 de La Bourbansais (France) et d’Apenheul (Hollande). La naissance de deux petits le 30 mai 2009 était un première en terres helvètes.


    Enclos des coatis.


    « Juliette », femelle coati à nez blanc (Nasua narica) née au parc.

    • Mais l’espèce la plus rare est le tayra (Eira barbara), un étrange mustélidé du nouveau monde présenté dans seulement cinq établissements zoologiques européens. « Boonie » & « Clyde » (des noms populaires pour les animaux de zoo !) sont arrivés le 11 décembre 2006. Leur naissance dans les forêts guyanaises est estimée à 2003.
    Le fait le plus exceptionnel est qu’ils se soient très vite reproduits puisqu’un mâle a vu le jour 14 août 2009. C’est probablement l’une des seules naissances enregistrées en Europe depuis de nombreuses années !


    Enclos des tayras.


    « Clyde », le mâle tayra (Eira barbara).


    Ainsi s’achève la visite de la partie intérieure du Papiliorama Kerzers, il nous est désormais possible de découvrir quelques aménagements extérieurs qui devraient être rénovés dans les années à venir car certains ont été fait un peu rapidement. C’est le cas notamment de la mini-ferme ou d’un enclos établi sur un marécage et qui héberge d’impressionnants porcs domestiques.


    Parcours extérieur autour du Papiliorama.


    Enclos des porcs-domestiques où l’on peut également observer des oiseaux sauvages.

    Avec ses hauts filets, on avait remarqué depuis notre sortie du bâtiment la volière des papillons indigènes ouverte un an après l’inauguration du Papiliorama à Kerzers. Sur une surface de 500 m², nous avons la possibilité d’observer de nombreux papillons européens dans différents milieux reconstitués ici. Lors de notre visite, automne oblige, nous n’avons vu aucun papillons mais quelques cocons étaient présents dans l’armoire prévue à cet effet.


    Volière des papillons indigènes.


    Cocons.

    En direction du bâtiment principal qui nous conduira ensuite vers la sortie, les plus jeunes visiteurs pourront s’amuser dans l’aire de jeu « Pongo Plaza » tandis que les autres auront la possibilité de s’approcher d’une volière vitrée. Elle a été inaugurée en juillet 2009 pour les ocelots (Leopardus pardalis) et dans le cadre de la modernisation de l’établissement pour s’accorder aux nouvelles normes suisses qui exigent un espace extérieur pour ces petits félins. Ainsi, ils ont hérité ici d’une très jolie installations de 100 m² et 6 m de haut. La présence d’arbres et de troncs nus permet aux animaux de grimper au sommet et donc de se dissimuler du regard du public. Un petit enclos héberge également des tortues d’Hermann (Testudo hermanni boettgeri).


    Nouvelle volière des ocelots.

    Nous entrons donc à nouveau dans le hall du Papiliorama en direction de la sortie, après un bref passage par la boutique nous quittons le parc par la même passerelle et nous pouvons jeter un œil sur le Dog-Hotel, plusieurs cages de 4 m² que l’institution réserve aux visiteurs qui viennent avec leur chien.


    Dog-Hotel.

    Conclusion : Le Papiliorama Kerzers est une institution atypique qui offre de très bonnes conditions de vie à la plupart de ses animaux notamment grâce aux reconstitutions de forêts tropicales qu’elle peut mettre en place sous ses impressionnants dômes ! Son nocturama est particulièrement riche et permet au public de découvrir une faune méconnue. Les papillons sont toujours très nombreux et leur ballet dans la première serre est particulièrement esthétique. Je conseille donc cet établissement à toutes les personnes qui passent non loin car il est vraiment à découvrir !
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    alexpe8
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    default Re: Découverte de Kerzers et Bern (Octobre 2009)

    Message par alexpe8 le Mar 27 Juil 2010 - 19:04

    II) Tierpark Dählhölzli
    Tierparkweg 1
    CH-3005 Bern

    Infos pratiques :
    Horaires estivaux : 8h00 – 18h30
    Tarifs : Adulte (dès 16 ans) = 10 CHF (7,5 €) / Enfant = 6 CHF (4,5 €)

    Caractéristiques / Le Zoo en Chiffre

    Membre de l’EAZA, de la VDZ, et de la WAZA
    Le parc participe à 10 EEP et 6 ESB.
    Près de 2300 animaux de 221 espèces
    Superficie : 19,5 hectares
    En moyenne 28 employés
    Fréquentation : 286 000 (section payante) et 950 000 visiteurs (partie gratuite)

    Dates clés
    1873 : Ouverture du parc avec quelques cerfs et des bisons.
    1883 : Arrivée des premiers animaux exotiques au Tierpark.
    1900 : William Gabus lègue 150 000 CHF à la ville de Bern pour la construction d’un zoo dans le Dählhölzli.
    5 juin 1937 : Ouverture du véritable Tierpark Dählhölzli ; le premier directeur est le Dr. Paul.
    1938 : Arrivée d’Heini Hediger en tant qu’administrateur. Ce grand homme du monde zoologique va permettre au Zoo de Bern d’acquérir une certaine renommée notamment grâce à son côté précurseur.
    1943-1963 : Hediger part au Basel Zoo et Monika Meyer-Holzapfel prend sa place, c’est elle qui va développer le vivarium du zoo en l’élargissant. En 1954, 1675 animaux vivent à Bern mais il y a toujours que 23 espèces de mammifère !
    1979-1991 : Quand Hannes Sägesser arrive à la tête du Tierpark il veut vraiment l’agrandir et accueille de nombreuses espèces de mammifères : cheval de Przewalski, phoque, bœuf-musqué, ours de Perse … La collection de mammifères atteint 60 espèces. Le vivarium est totalement rénové en 1988 et il regroupe désormais les espèces exotiques.
    1991-1996 : Cette période correspond à un retour des espèces exotiques (wallabys et cabiais notamment) sous la direction de Max Müller.
    1997 : De nouvelles réalisations ont été faites depuis la nomination de Bernd Schildger : enclos des flamants roses, des chamois, ou encore la volière des ibis chauves …
    Dans le cadre du Master plan :
    2007 : Ouverture d’une partie complexe arctique complété ensuite (renard polaire, bœufs musqué, renne).
    2008 : Immense enclos forestier pour les bisons européens.
    2009 : Ouverture de la volière des macareux
    Les loups et les ours devraient être relogés cette année !

    Carnet de voyage

    Bern et Kerzers étant situés à une trentaine de minutes l’un de l’autre, nous avons couplé ces deux parcs dans la même journée. J’avais pris contact avec Dr Marc Rosset, le curateur du parc, et il m’attendait donc en début d’après-midi pour un court entrevu. Finalement, il m’a accordé une visite commentée de près de 2 h et j’ai donc plus découvrir de nombreuses choses intéressantes sur ce parc que j’ai adoré !

    .................

    Garés juste devant l’entrée de la mini-ferme du Tierpark Dählhölzli, nous quittons rapidement la voiture en direction de l’entrée où nous Marc Rosset nous attend. Juste avant d’entrer dans le vaste enclos de semi-contact, il est possible d’observer le plan – très vague – de l’établissement pour voir ce qui nous attend.


    Arrivée au Zoo de Bern.


    Plan du Tierpark Dählhölzli.

    Une mini-ferme appelée ici « Zoo des enfants » se situe ici depuis l’inauguration du parc zoologique. Cette zone permet aux citadins bernois de découvrir la faune rurale avec des moutons, chèvres, poneys, ânes ou encore cochons mais aussi quelques animaux originales tels des ragondins (Myocastor coypus) et des alpagas.


    « KinderZoo », zoo des enfants.


    Ragondin (Myocastor coypus).


    Avant de nous lancer dans la montée qui mène à la partie payante de l’institution, nous pouvons observer un immense enclos forestier bordé d’un court d’eau et destiné à deux espèces qui ont de nombreux points communs malgré qu’ils ne vivent pas dans la même région du globe et qui n’appartiennent pas à la même famille ; il s’agit des ratons laveurs (Procyon lotor) et des chiens viverrins (Nyctereutes procyonoides).


    Enclos des chiens viverrins et des ratons laveurs.


    Panneaux présentant les deux petits carnivores.

    Une raide montée permet d’accéder aux abords de la partie payante. Son tracé se trouve complètement au milieu d’une zone forestière, quelques panneaux et objets présentent aux visiteurs les arbres environnants.



    Montée en direction de l’entrée du Tierpark Dählhölzli.

    Nous devons franchir un portillon pour pouvoir continuer notre visite. Plusieurs installations sont encore visibles avant de nous retrouver au cœur du vivarium où se situe la caisse. Sur la gauche, un ensemble de volières hébergent la faune alpine : des grands tétras (Tetrao urogallus) ; des tétras lyres (Tetrao tetrix) en cohabitation avec des chouettes de Tengmalm (Aegolius funereus funereus) ; et dans la dernière volière une autre cohabitation qui mélange des chevêches d’Athéna (Athene noctua) à un couple de rares lièvres variables (Lepus timidus varronis) et à des lagopèdes alpins (Lagopus mutus). Cette espèce très rare s’est déjà reproduit par le passé à Bern.


    Volières pour animaux alpins.


    Lièvre variable (Lepus timidus varroni).

    Une pièce d’eau a été élaborée à la fin des années 90 pour loger les flamants roses (Phoenicopterus roseus) du parc au niveau de l’entrée. Cette espèce est présentée ici depuis plusieurs décennies et des reproductions sont observées annuellement.


    Plate forme d’observation sur le bassin des flamants.


    Flamant rose (Phoenicopterus roseus).

    Une grande volière a été construite il y a quelques années le long d’un des murs du vivarium. Une machine à vague mais aussi des berges sableuses ont été installées pour créer un milieu côtier. Plusieurs espèces évoluent dans cette belle réalisation : des avocettes élégantes (Recurvirostra avosetta) ; des panures à moustaches (Panurus biarmicus) ; et un couple de grèbes castagneux (Tachybaptus ruficollis).


    Volière côtière.


    Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis).

    Nous entrons donc dans le Vivarium pour signaler que nous étions arrivés et on nous informe qu’il faut patienter quelques minutes car Mr Rosset devait recevoir des animaux (un mâle lièvre variable et une femelle renard polaire). Ainsi, il nous propose de faire le tour du Vivarium et il nous rejoindra ensuite. Cet édifice date des années 30 mais a été magnifiquement rénové en 1980 et il est aujourd’hui l’un des plus beaux du pays. Il regroupe la majeure partie des espèces exotiques présentes dans l’effectif du Tierpark et montre la diversité du monde animal. Les installations sont variées, spacieuses et très bien aménagées.


    Hall d’entrée du Vivarium.

    Je remarque immédiatement une longue volière sur la droite. De conception novatrice avec ses réalistes rochers artificiels, elle a été inaugurée au cours du mois d’octobre 2000. Son originalité est la présence de termites entre le public et le grillage ce qui permet aux animaux présents dans l’installation de se nourrir de ces insectes dont ils sont friands. Les espèces qui se partagent cette installation sont des macroscélides à oreilles courtes (Macroscelides proboscideus) ; des cordons bleus (Uraeginthus bengalus) ; mais surtout des courvites de Temninck (Cursorius temminckii) qui sont restés pendant plusieurs années les seuls en Europe. Le fait qu’ils se reproduisent assez régulièrement (les dernières naissances datent de novembre 2009 et février 2010) est d’autant plus exceptionnel !


    Volière africaine avec au premier plan le lieu où la colonie de termites est installée.


    Cordon bleu (Uraeginthus bengalus).


    Courvite de Temninck (Cursorius temminckii).

    L’entrée du Vivarium est également le lieu de présentation de deux espèces de primates. Il s’agit des saïmiris de Bolivie (Saimiri boliviensis boliviensis) qui se sont reproduits en 2010 (Le mâle vit avec les femelles que durant la saison de reproduction) et de tamarins pinchés (Saguinus oedipus oedipus). Ces derniers, représentés par une famille reproductrice – des jumeaux sont nés en juillet 2009 – cohabitent depuis quelques années avec des agoutis dorés (Dasyprocta leporina) nés au Papiliorama Kerzers.


    Installation typique pour les singes (ici occupée par les tamarins pinchés et les agoutis).


    Agouti doré (Dasyprocta leporina).

    Une petite serre tropicale ouverte en juin 2002 est accessible à l’extrémité de cette salle. La végétation y est très dense et il n’est pas aisé d’observer les animaux – oiseaux, reptiles et mammifères – qui sont présentés en contact direct. On peut y voir des callimicos de Goeldi (Callimico goeldii) ; des petits chevrotains malais (Tragulus javanicus) qui se reproduisent ici ; un couple de jacana noir (Jacana jacana) ; des geais acachés (Cyanocorax chrysops) ; des motmots houtoucs (Momotus momota) et des tortues du Mississipi (Graptemys pseudogeographica kohnii).


    Serre tropicale dans le vivarium du Tierpark Dählhölzli.


    Petit chevrotain malais (Tragulus javanicus) observé juste avant notre départ du parc, en début de soirée.


    Jacana noir (Jacana jacana).


    Geai acachés (Cyanocorax chrysops).

    Un petit terrarium a été installé dans cette pièce et héberge des grenouilles tomates (Dyscophus antongilii), un amphibien très coloré originaire de Madagascar.


    Terrarium des grenouilles tomates.


    Grenouille tomate (Dyscophus antongilii).

    La section « Vivarium » accessible ensuite est particulièrement moderne et héberge majoritairement des espèces tropicales. Les reptiles sont présentés dans une végétation luxuriante dans différents espaces – des terrariums ou des enclos à « ciel-ouvert » – vitrés en façade ce qui permet une bonne visibilité pour les visiteurs. Soulignons la présence d’un couple de crocodiles nains (Osteolaemus tetraspis) dans une installation novatrice. En effet, les crocodiliens sont à un endroit de l’enclos séparés des visiteurs par de simples câbles tendus les uns à côté des autres.



    Vivarium.


    Installation des crocodiles nains.


    Dragon des montagnes de Boulanger (Acanthosaura crucigera), une espèce rare en Europe.


    Chélodine à long cou (Chelodina longicollis).

    Un grand terrarium se distingue des autres car il est désertique. Il héberge une belle colonie de crapauds du Colorado (Incilius alvarius), les seuls en Suisse.


    Terrarium des crapauds.


    Crapaud du Colorado (Incilius alvarius).

    Le visiteur découvre ensuite une immense termitière réalisée par un immense colonie (elle compterait plus d’un million d’individus) de termites africaines (Macrotermes jeanneli) importées il y a plusieurs années du Kenya. Chose plutôt exceptionnelle, durant l’été on trouve les termites à l’extérieur du vivarium dans un périmètre de 55 m.



    Termitière de 6 m de haut !

    Quelques animaux vivent autour de la termitière, c’est le cas de deux espèces d’oiseaux africains qui apprécient fortement les termites : le barbican à tête rouge (Trachyphonus erythrocephalus) et l’euplecte franciscain (Euplectes franciscanus).
    Au sol, une cohabitation improbable a lieu puisqu’un couple de macroscélides à oreilles courtes (Macroscelides proboscideus) partagent son territoire avec d’impressionnants iguanes rhinocéros (Cyclura cornuta cornuta) qui sont uniques en Suisse.


    Barbican à tête rouge (Trachyphonus erythrocephalus).


    Iguane rhinocéros (Cyclura cornuta cornuta).


    Macroscélide à oreilles courtes (Macroscelides proboscideus).


    Alors que nous sommes désormais en direction de l’aquarium, une très longue vitre permet d’avoir une vision subaquatique sur le bassin des phoques. Ce panorama est possible depuis l’été 2003, date de l’inauguration de cet espace !


    Baie vitrée sur le bassin des phoques.

    Le visiteur a donc la possibilité d’entrer dans l’aquarium de l’institution. Il regroupe différents bacs de taille moyenne hébergeant des espèces marine ou des rivières. La plupart des animaux présents ici sont communs.


    Aquarium du Zoo de Bern.


    Pleurodèle de Watl (Pleurodeles waltl), unique amphibien de l’aquarium.

    Toujours en poursuivant notre découverte de ce bâtiment exceptionnel, nous pouvons observer un terrarium désertique sur plusieurs étages après être passé à côté d’un vivarium destiné à quelques dendrobates. Revenons à notre terrarium, vaste et de conception moderne, il héberge deux espèces originaires d’Amérique du nord : le rare crotale de Californie (Crotalus enyo) et le chuckwala (Sauromalus obesus).


    Terrarium désertique.


    Chuckwala (Sauromalus obesus).

    L’ultime salle du bâtiment est destinée à la présentation des projets du Tierpark par l’intermédiaire d’affiches mais aussi d’une maquette qui représente l’avenir du Tierpark. La prochaine phase de rénovation devrait toucher les loups, les gloutons et les ours bruns cette année.



    Présentation des projets du Tierpark.
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    alexpe8
    Admin

    Pays : France

    default Re: Découverte de Kerzers et Bern (Octobre 2009)

    Message par alexpe8 le Mar 27 Juil 2010 - 19:14

    Nous retrouvons donc Mars Rosset à la fin de notre tour de vivarium. Impatient de découvrir la dernière réalisation de l’établissement, je lui demande de nous conduire dans un premier temps à la volière des macareux. Sur le passage, nous pouvons observer l’installation des phoques veaux-marins (Phoca vitulina vitulina) qui fait pratiquement le tour du vivarium. Un grand groupe vit dans ce bassin original et les naissances ne sont pas rares, la dernière date de juillet 2009.



    Installation des phoques.


    Nous nous approchons alors de la volière côtière qui se distingue au loin par son architecture futuriste. Le décor à l’intérieur est surprenant, en effet nous avançons sur une terrasse en parquet et la hauteur du filet – 10 m – est impressionnante ! Les oiseaux disposent, en plus d’un bassin de 350 m³ animé de nombreuses vagues, d’une falaise creusée de nombreuses cavités qui serviront prochainement pour la reproduction. Le point culminant de cette structure qui a coûté 650 200 € (5 millions de francs suisses) et qui a été inaugurée en mars 2009, est sans doute le point de vue subaquatique situé au niveau inférieur. La nage si particulière des macareux, ils « volent sous l’eau », peut-être ici observée grâce à des vitres hautes de deux mètres.




    Volière côtière.

    Les espèces présentées ici sont également intéressantes du point de vue de leur rareté. Les animaux phares sont bien entendus les macareux moines (Fratercula arctica), les premiers reçus dans un pays qui n’a pas de côtes. Une vingtaine d’oiseaux, âgés d’un an, sont arrivés le 26 février 2009 d’un éleveur tandis que d’autres sont arrivés cette année. De rarissimes sternes arctiques (Sterna paradisaea) ont été accueillis du même éleveur, cette espèce n’est présente que dans deux établissements européens : Bern et Berlin.
    De rares pluviers dorés (Pluvialis apricaria) ont également été reçus pour peupler cette volière qui est véritablement une réussite !


    Macareux moine (Fratercula arctica).


    Sterne arctique (Sterna paradisaea).


    Après avoir quitté cette volière riche en émotion, nous découvrons une nouvelle installation de très grande qualité. Il s’agit de l’enclos des bœufs-musqués du Groenland (Ovibos moschatus wardi) ouvert il y a deux ans. Cette installation de plusieurs milliers de mètres carrés séparées des visiteurs par un court d’eau représente le milieu originel de cette espèce impressionnante à savoir la toundra. « Hägar » et « Helga » étaient accompagnés lors de ma visite de leur premier fils né en juillet 2009 qui vit désormais en Allemagne. Alors qu’une femelle de Copenhague les a rejoint, un autre petit est né en juin de cette année.



    Enclos des bœufs-musqués.


    Jeune bœuf-musqué du Groenland (Ovibos moschatus wardi).

    Non loin, nous nous approchons de deux enclos hébergeant les élans européens (Alces alces), le mâle d’un côté et la femelle et son jeune de l’autre. « Youri », arrivé en 1999 et « Raïssa » se sont reproduits l’année dernière et la femelle avait donné naissance à des jumeaux le 9 mai. Malheureusement, quelques temps avant ma visite un accident avait eu lieu dans cet enclos : alors que tout semblait bien se passer « Youri » a tué son fils, probablement par concurrence. Lors de mon passage d’octobre, la jeune femelle y vivait toujours mais elle a désormais quitté Bern pour le Whipsnade Wild Animal Park (Angleterre).


    Partie de l’installation réservé au mâle.


    Enclos de la femelle et de ses(son) petit(s).


    Jeune élan d’Europe (Alces alces) qui a quitté le parc.

    Alors que nous approchons de la partie centrale du Tierpark qui est aménagée de plusieurs petits terrariums vitrés, Marc Rosset me rappelle que – comme prévu – les sousliks européens (Spermophilus citellus) ne seront pas visibles car ils hibernent. Une cinquantaine de spécimens s’activent habituellement aux sorties des galeries situées sous l’installation herbeuse et observable par une baie vitrée basse.


    Installation des sousliks.

    Les petits vivariums mélangeant milieu terrestre et aquatique hébergent quelques espèces européennes à l’instar du rat des moissons (Micromys minutus), de la vipère péliade (Vipera berus), du crapaud calamite (Epidalea calamita), de la tortue cistude (Emys orbicularis), de la couleuvre à collier (Natrix natrix), du lézard agile (Lacerta agilis), ou de la couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus).


    Terrarium typique, occupé ici par les rats des moissons.


    Rat des moissons (Micromys minutus).

    Nous passons rapidement devant une volière reconstituant un milieu désertique qui hébergeait encore lors de ma visite quelques ibis chauves (Geronticus eremita). Un couple de chats sauvages d’Europe (Felis silvestris) accompagnés de sa progéniture née en mars 2010 a déménagé ici il y a quelques semaines. La volière inaugurée en 2004 a été partiellement réaménagée pour l’occasion.


    Volière des ibis chauves désormais occupée par des chats sauvages.

    A l’approche de l’installation suivante, Marc Rosset m’annonce qu’il s’agit d’une de ses plus grandes fiertés à Bern et d’ailleurs cet enclos est considéré comme l’un des plus modernes d’Europe pour des léopards. Ouverte en 2006, cette vaste installation – divisée en deux - recouverte d’un filet maintenu à 10 m de haut est une reproduction quasi-parfaite du biotope originel d’un carnivore méconnu : la panthère de Perse (Panthera pardus saxicolor). L’aménagement est fait de rochers – véritables ou artificiels – et la présence d’une dense végétation basse permet aux félins de se camoufler du public. Séparées des léopards par une baie vitrée, quelques vipères ottomanes (Montivipera xanthina) évoluent dans un vivarium extérieur à flanc de rocher depuis l’année dernière.
    « Sapphire », une jeune femelle arrivée en novembre 2007 est aujourd’hui le seul léopard à vivre au parc mais lors de ma visite, « Rigo », un mâle agressif âgé de 17 ans, vivait toujours dans l’une des volières. Il est mort à la fin du mois de juin 2010.


    Vivarium des vipères.




    Différents points de vue sur l’installation des panthères.


    Panthère de Perse (Panthera pardus saxicolor).

    L’espace suivant est désormais vide d’occupants. Il s’agissait d’un enclos entouré de haut mur et recouvert d’un grillage. Séparés des visiteurs par un fin grillage et un plan d’eau, quelques chats sauvages d’Europe vivaient ici avant d’être déplacés au Printemps 2010.


    Ancienne installation des chats.

    Nous poursuivons notre découverte des carnivores européens par l’ancien enclos des ours bruns qui servaient, lors de ma visite, de quarantaine à « Misha » et « Macha », deux oursons mongols (Ursus arctos lasiotus) offerts par la Russie à la ville de Bern. On connaît peu de choses sur l’origine de ces plantigrades mais ils seraient nés en février 2009 dans le milieu naturel. Leur transfert en Suisse remonte au 14 septembre 2009 et ils avaient été présentés dans la fosse aux ours de Bern dans un premier temps (cette dernière accueille désormais les ours bruns qui vivaient au Tierpark).
    Heureusement pour eux, l’enclos des ours a été étendu en 1993 et ils ont désormais accès à un territoire herbeux de 5600 m² dont le principal aménagement est un bassin de 2 m de profondeur où nagent quelques truites arcs-en-ciel.


    Ancienne installation des ours bruns, utilisée lors de ma visite comme quarantaine.


    L’un des deux ours bruns de Mongolie (Ursus arctos lasiotus).


    Enclos des ours.

    Un couple de gloutons (Gulo gulo gulo), les seuls présents sur le territoire suisse, vit dans un enclos construit perpendiculairement à celui des ours. Les animaux, qui disposent d’un milieu forestier ne sont que rarement visibles malgré les larges baies vitrées qui permettent leur observation.


    Enclos des gloutons.

    Une colonie de manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti) qui s’agrandie régulièrement, est présentée non loin dans un petit enclos adjoint d’un bassin alimenté par une cascade. Fait assez étrange, les oiseaux ont accès à une zone légèrement forestière !


    Installation des manchots.


    Groupe de manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti).

    L’installation suivante est un grand enclos rectiligne délimitant une partielle forestière par de haut grillages. Elle héberge un couple de loups identifiés comme appartenant à la sous-espèce bosniaque (Canis lupus kurjak) rarissime dans les zoos européens. L’un des individus présents, né en 2002, est le dernier petit qui a vu le jour à Bern.


    Enclos des loups.


    Couple de loups bosniaques (Canis lupus kurjak).

    Faisant également parti du projet de rénovation arctique du Tierpark, l’enclos des rennes est observable en face. Partiellement ombragé et présentant un sol semblable à l’enclos des bœufs musqués, il est plutôt représentatif du milieu d’origine des animaux. D’ailleurs le groupe actuellement présent est issu de rennes des forêts (Rangifer tarandus fennicus) originaires de Finlande et plus particulièrement du Zoo d’Helsinki pour les derniers arrivants. Un jeune est né en mai 2009.


    Enclos des rennes.


    « Ahti », l’un des rennes des forêts (Rangifer tarandus fennicus).

    Quelques volières dont le fond est recouvert d’un coffrage en bois, hébergent l’ensemble des rapaces présentes sur le site. Hébergeant jusqu’en 2009 des gypaètes barbues, ces installations ne présentent plus que des rapaces nocturnes tels les harfangs des neiges (Bubo scandiacus), les petits ducs (Otus scops) et les moyens ducs (Asio otus).


    Volière typique pour rapaces.


    Hibou moyen duc (Asio otus).

    D’une centaine de mètres carrés, l’ultime installation du projet polaire se dessine au carrefour de plusieurs allées. Ce petit enclos grillagé en pente héberge de renards polaires (Alopex lagopus), « Wille », « Sveva » et « Elli » qui bénéficient de troncs creux, rochers et buissons pour se soustraire à la vue du public.


    Enclos des isatis.


    Renard polaire (Alopex lagopus).

    Avant de découvrir le « Wisent Wald », la principale nouveauté de l’année 2008, Marc Rosset me montre rapidement l’enclos des marmottes des Alpes (Marmota marmota) qui est bien sûr vide … Les marmottes hibernent !


    Enclos des marmottes.

    Nous nous mettons donc en route vers cette récente réalisation. Une longue passerelle (250 m !) pénètre au cœur d’un immense territoire forestier de 5 hectares. Parsemé de plusieurs clairières, cet espace permet de présenter dans des conditions optimales deux herbivores européens : le bison européen (Bison bonasus) et le cerf élaphe (Cervus elaphus hippelaphus). La passerelle s’achève par un observatoire couvert permettant une vue à 360 ° sur l’espace forestier à 4 m de hauteur.



    Passerelle permettant l’observation des bisons et des cerfs.


    Bâtiment et préparc des bisons.


    L’une des caisses ayant servi à la réintroduction de 10 bisons nés à Bern.



    « Wisent Wald », la forêt des bisons.

    La cohabitation cerf/bison se passe bien dans l’ensemble, toutefois, peu de temps avant ma visite, un bébé bison de l’année a été retrouvé mort avec d’étranges blessures. Les soigneurs pensent que l’un des mâles cerfs l’aurait éventré avec ses bois. Bien que rien n’est été confirmé, les membres du personnel sont désormais plus attentifs au comportement vis-à-vis des autres bébés bisons nés l’année dernière.


    Bison d’Europe (Bison bonasus).

    Cet enclos est la dernière étape de la partie payante du Tierpark Dählhölzli. Un portillon permet donc de nous retrouver dans une partie accessible à tout le monde, toujours sous le couvert des arbres. Un immense enclos en pente héberge un groupe de lynx européen (Lynx lynx lynx). Marc Rosset était fier de me montrer « Duana », une femelle née le 7 juin 2009 de l’union du couple bernois très prolifique depuis leur mise en contact qui remonte à 5 ans.


    Enclos des lynx.

    Arrivée sur les bords de l’Aar (Aare en allemand), la rivière qui traverse la ville, nous avons pu découvrir sur la gauche, une succession d’enclos anciens dédiés à la faune européenne. Dans un premier temps, il est possible d’observer des chamois des Alpes (Rupicapra rupicapra rupicapra) présents dans un double enclos en pente. Des petits étaient encore présents lors de ma visite (ils étaient nés en mai) mais désormais c’est un groupe de femelles qui est présent à Bern. Le mâle est parti dans un zoo slovène.


    Enclos des chamois.


    Chamois des Alpes (Rupicapra rupicapra rupicapra).

    Un second enclos, aménagé en faux rochers sur une pente raide, héberge un grand groupe reproducteur de bouquetins des Alpes (Capra ibex ibex) composé d’une vingtaine d’individus. Obtenant de nombreux jeunes depuis de nombreuses années, le Tierpark est très actif dans les programmes de réintroduction du bouquetin en Suisse.


    Enclos des bouquetins.


    Mâle bouquetin des Alpes (Capra ibex ibex).

    Après avoir dépassé l’ancienne installation des bisons européens (le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont gagné au change !), on arrive devant une petite fosse terreuse et boueuse réservée à un groupe de sangliers (Sus scrofa scrofa) régulièrement accompagné de jeunes spécimens.


    Ancien enclos des bisons.


    Installation des sangliers.


    Sanglier européen (Sus scrofa scrofa).

    Juste avant de faire demi-tour, le curateur m’indique que plus loin se trouvait l’installation des blaireaux (Meles meles meles). Echappés en 2005 lors des inondations de l’Aar, ce couple n’a jamais été capturé et il vit dans le bois au-dessus des enclos des caprins, ils y ont même une tanière !

    Ces inondations ont également fait beaucoup de dégâts au niveau des installations situées plus loin puisque celles-ci sont à fleur d’eau. Les allées pour les visiteurs et les structures des enclos ont été emportées par l’eau et il a fallu tout reconstruire … Après avoir retrouvé les animaux (en plus des blaireaux, des loutres n’ont toujours pas été capturées !).
    Un long passage surélevé, pour laisser passer l’eau en cas de débordement et alimentant également les bassins des enclos, permet d’observer trois installations occupées par des animaux semi-aquatiques d’Europe sur une surface de 1,5 hectares. Le premier enclos est un vaste espace dégagé traversé par un large plan d’eau bordé d’une cabane fabriquée par le couple de castors européens (Castor fiber) présentés ici depuis une dizaine d’année. Des petits sont nés le 17 mai 2009.



    Enclos des castors.

    La seconde installation est toujours aussi naturelle et vaste permettant au couple de loutres d’Europe (Lutra lutra) d’être quasiment introuvables. Le dispositif pour laisser passer l’eau permet d’apporter quelques petits poissons. « Lumpi », le mâle, faisait partie des loutres échappées le 27 août 2005 mais il a été retrouvé à l’automne 2007.


    Enclos des loutres d’Europe.

    L’ultime installation héberge un grand groupe de pélicans frisés (Pelecanus crispus), espèce présentée depuis de nombreuses années à Bern. L’arrivée d’une nouvelle colonie en provenance du Parc des oiseaux de Villars les Dombes et la pause d’une structure flottante pour les nids a permis d’obtenir enfin des premières naissances en juin 2008.



    Plan d’eau des pélicans régulièrement occupé par des cormorans et des hérons.


    Pélican frisé (Pelecanus crispus).

    Conclusion : Le Tierpark Dählhölzli est un établissement très intéressant qui a su présenter dans d’excellentes conditions des espèces eurasiennes mais aussi des animaux exotiques dans un très vaste vivarium. Modernité et superficie sont les mots décrivant le mieux les dernières réalisations du parc comme l’installation des panthères de Perse, la zone nordique (bœuf musqué, renne, macareux) ou encore l’incroyable « Wisent Wald » pour les bisons européens. C’est donc un parc que je conseille à tous les amateurs de parcs zoologiques car l’institution est véritablement très bien conçue et c’est un plaisir de la visiter !

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