Réserve de la Haute Touche : Visites de 2010

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    alexpe8
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    Pays : France

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    Message par alexpe8 le Ven 23 Juil 2010 - 18:54

    Visite du 20 juillet 2010

    De passage dans la Brenne cette semaine, je me suis rendu à la Réserve de la Haute Touche que je n’avais pas visité depuis deux ans. C’était également la première fois depuis plusieurs années que je pouvais la visiter dans son intégralité. J’avais contacté préalablement le directeur de l’établissement, Roland Simon, qui nous a très bien accueilli et accompagné pendant le début de la visite, le temps de découvrir quelques aspects peu abordé de l’institution qui fait partie du Muséum National d’Histoire Naturelle.

    I) Naissances

    Comme chaque année, de nombreuses naissances ont été enregistrées à Obterre qui, avec ses 500 hectares, est le plus grand parc animalier de France. Avec 1000 animaux de 130 espèces, il y a de quoi avoir de nombreux jeunes individus. En 1ère position, il y a bien entendu les cervidés que le parc présente en masse : 21 espèces, la plus grande collection de ce type dans le monde ! Ainsi c’est plus d’une centaine de faons qui naissent chaque année dans les différents parcs forestiers. Parmi les naissances, citons celles de 37 cerfs élaphes (Cervus elaphus hippelaphus) ; de plusieurs daims de Mésopotamie (Dama dama mesopotamica) ; de rarissimes cerfs de Formose (Cervus taiouanus) ; de très nombreux cerfs pseudaxis (Cervus nippon pseudaxis) ; des cerfs des marais méridionaux (Rucervus duvaucelii branderi) …


    Jeunes daims de Mésopotamie (Dama dama mesopotamica) au milieu du groupe.


    Jeune sika du Japon (Cervus nippon nippon) avec sa mère.


    Une femelle cerf des marais méridional (Rucervus duvaucelii branderi) avec son tout jeune petit. Cette espèce est rarissime en captivité et la réserve est le seul endroit où ils se reproduisent hors d’Asie.

    Mais c’est dans le secteur des carnivores que les naissances les plus spectaculaires ont été enregistrées. C’est en effet pas moins de 14 bébés dholes de Chine (Cuon alpinus lepturus) qui ont été comptés jusqu’à présent. Cette espèce, à mi-chemin entre le loup et le renard, a été reçu en 2003 par la Réserve de la Haute Touche grâce à un don du Safaripark Beekse Bergen en Hollande. L’année suivante, les premiers dholes français voyaient le jour à Obterre et depuis les naissances sont annuelles. Un magnifique succès qui a permis au parc de faire doubler la population européenne !


    Jeunes dholes de Chine (Cuon alpinus lepturus) partis à l’exploration de leur territoire.

    II) Nouveaux aménagements

    Cette visite m’a permis également de découvrir la Nurserie des cistudes inaugurée au début du mois bien qu’opérationnelle depuis l’année dernière. Situé dans l’une des dépendances du bâtiment central de l’établissement, cet espace permet aux visiteurs de découvrir de toutes jeunes cistudes d’Europe (Emys orbicularis) qui ont éclos dans l’un des incubateurs présents derrière. Lors de ma visite, les individus présents dans cette pièce étaient issus des éclosions de 2009 tandis que les œufs de cette année devraient se fissurer le mois prochain pour laisser sortir les « mini tortues ».


    Exposition et Nurserie des cistudes.


    Jeune cistude européenne (Emys orbicularis).

    Parallèlement, deux penthènes ont été installés sur le grand étang central. Ces cages flottantes hébergent les tortues âgées de 3 à 4 ans qui sont ici pour prendre du poids et atteindre 65 grammes. A ce stade, elles pourront être relâchés : le premier projet est prévu en Savoie où l’espèce s’est éteinte et plus tard en Alsace.


    Penthène.

    Depuis plusieurs mois maintenant, une troisième possibilité s’ajoute à la traditionnelle visite à pied et celle plus originale sur un vélo. En effet une calèche est désormais à la disposition des visiteurs qui veulent découvrir le parc d’une autre manière. A la vitesse du cheval, la calèche vous emmène près des enclos des cervidés avec quelques commentaires pour apprécier sa visite, sans se fatiguer.


    Calèche.

    III) Nouveaux arrivants

    Un couple de lynx des Carpates (Lynx lynx carpathicus) a fait son apparition au parc ce printemps pour remplacer les lynx de Sibérie qui sont morts il y a quelques mois. Le premier individu, un mâle âgé de 3 ans, est arrivé le 14 avril 2010 du Szeged Zoo (Hongrie). Refusant de les voir vivre dans leur petit enclos, l’équipe du parc a voulu se lancer dans un pari audacieux : les lâcher dans le vaste enclos des ratons laveurs (Procyon lotor) – saisis en 2004 – il y a quelques semaines. C’est une première mondiale et la cohabitation se déroule très bien malgré que les lynx soient difficiles à faire rentrer !


    L’un des lynx des Carpates (Lynx lynx carpathicus), très difficile à prendre.


    Enclos où cohabitent les ratons et les lynx.

    Une femelle éland commun (Taurotragus oryx) est arrivée il y a quelques semaines pour tenir compagnie à l’impressionnant mâle, solitaire depuis son arrivée en 2000. En espérant qu’ils fassent plein de petits pour remplir l’immense enclos africain du parc.


    Couple d’éland commun (Taurotragus oryx).


    IV) Exclusivités zoonaute

    Le principal privilège offert par cette visite avec Roland Simon a été de découvrir l’élevage des outardes canepetières (Tetrax tetrax), petits oiseaux proches parents des grues et mesurant 40 cm. Cette espèce, en danger sur le territoire français et rarissime en captivité (la Haute Touche est le seul établissement ouvert au public à héberger cette espèce en Europe occidentale) a besoin d’être protégée. C’est pourquoi une cinquantaine d’animaux fondateurs ont été prélevés sous forme d’œufs entre 2004 et 2008 pour peupler les différentes volières. Aujourd’hui, on retrouve une quinzaine de « serres tunnels » et plusieurs volières individuelles. Les installations sont délimitées par des filets pour éviter que les oiseaux se blessent avec les structures métalliques. Les volières que j’ai pu voir présentaient une végétation relativement haute qui permettait aux oiseaux de se dissimuler. Un mâle vivait avec deux femelles dans celle où j’ai pu entrer pour faire des photos.


    Station d’élevage pour outardes.


    Volière typique.

    Dès le mois de septembre 2009, une centaine de jeunes élevés artificiellement à partir de reproductions naturelles ou assistées – par insémination artificielle – ont été relâchés dans le sud-ouest de la France. Bagués et pour certains équipés de balises GPS, ils ont été identifiés et on peut affirmer qu’ils ont migré vers l’Espagne puis sont revenus en France. L’élevage comprend actuellement 7 mâles et 14 femelles espagnoles et le même effectif d’oiseaux originaires de France. De nombreux petits ont été obtenus en 2010 et la campagne de repeuplement devrait être aussi fructueuse que celle de l’an passé. Ce projet de renforcement de la population sauvage de l’outarde canepetière, en collaboration avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et la Société espagnole d’ornithologie, est pour l’instant un véritable succès !


    Mâle outarde canepetière (Tetrax tetrax).


    Femelle outarde canepetière (Tetrax tetrax).

    Les travaux au sujet des inséminations artificielles chez les espèces menacées continus. Les animaux issus des premières expériences vivent toujours à Obterre actuellement, le faon élaphe né après cryoconservation et transfert embryonnaire mais aussi le faon sika du Japon issu du transfert embryonnaire interspécifique. Cette première mondiale qui a pu être réalisé sur une biche élaphe remonte à 2006. Pour l’instant, deux femelles cerfs d’Eld (Rucervus eldi thamin) élevées au biberon au CERZA et à Obterre sont en cours d’imprégnation pour continuer les expériences de prélèvement d’ovocytes. Le but final des scientifiques de la Réserve de la Haute Touche est d’augmenter les effectifs de certaines souches de cervidés au bord de l’extinction. Outre le cerf pseudaxis (Cervus nippon pseudaxis) qui est partiellement sauvé, le but à long terme est le cerf d’Eld de Thaïlande (Rucervus eldi siamensis) dont il resterait une soixantaine d’individus à travers le monde (en comptant les individus sauvages !). Le problème est que seulement quatre individus sont présents à Obterre, ils sont issus d’un groupe du Zoo de Vincennes arrivé en 2003 dans la Brenne.


    Cerf d’Eld de Thaïlande (Rucervus eldi siamensis).


    Une autre cible est le markhor du Turkménistan (Capra falconeri heptneri), très menacé dans son milieu naturel. Actuellement, le parc est en train d’obtenir des autorisations pour tenter des expériences. La mère pourrait être une chèvre domestique asiatique. Une collection de sperme de mâles markhors vivants Obterre maintenu par cryopréservation est d’ailleurs déjà formée.

    V) Photos

    La visite commence par le safari en voiture qui permet de traverser plusieurs enclos pour cervidés européens puis de longer certains des parcs d’élevage pour cerfs « exotiques » :


    Cerfs élaphes (Cervus elaphus hippelaphus).


    Chevreuil d’Europe (Capreolus capreolus capreolus).


    Puis l’on découvre le parc à pied avec un parcours d’environ 5 km :


    Rarissime cerf de Virginie du nord (Odocoileus virginianus borealis). Un groupe de femelles est hébergé à Obterre, le seul en Europe si l’on exclu la Finlande.


    Egalement très rare, une partie du groupe de cerfs sambars (Rusa unicolor).


    L’un des membres du groupe de cerfs des marais méridionaux (Rucervus duvaucelii branderi), le seul sur le continent.


    Chez les carnivores :


    L’un des loups du Canada ou de Mackenzie (Canis lupus occidentalis) dont la meute est issue d’individus nés à Vincennes.


    Autour de l’étang africain :


    Un mâle autruche massai (Struthio camelus massaicus) particulièrement remonté !


    Autre rareté et surprise, « Théou », un mâle cobe onctueux (Kobus ellipsiprymnus unctuosus) arrivé en 2008 du Zoo de Vincennes. Cette espèce est aujourd’hui présentée qu’à Sigean et Obterre à travers le monde !


    Ibis sacré (Threskiornis aethiopicus).
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    Message par Nouche le Sam 24 Juil 2010 - 0:07

    Merci pour les photos en particulier celles des outardes Wink
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    Message par buddha le Mer 15 Sep 2010 - 0:20

    quelques photos de ma visitie de dimanche dernier

    cerf élaphe


    daim blanc


    pygargue à queue blanche


    cerfs de Virginie


    oie à tête barrée


    markhor


    mouflons à manchette


    loup de Mackenzie


    j'essaierai d'en ajouter d'autres mais ça rame ce soir !
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    Message par buddha le Mer 15 Sep 2010 - 14:24

    suite :

    cerfs de Duvaucel


    cerf du Père David


    dhole


    hyène rayée


    élan du Cap


    cobe de Lechwe


    guépard


    inconnus !
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    Message par alexpe8 le Mer 15 Sep 2010 - 15:13

    De bien jolies photos ... Tes inconnus sont deux tadornes cassarcas (Tadorna ferruginea).

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