Découverte du Wuppertal Zoo (Allemagne) sous la neige !

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    alexpe8
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    Message par alexpe8 le Ven 18 Juin 2010 - 15:51

    Découverte du Wuppertal Zoo sous la neige
    Hubertusallee 30
    42117 Wuppertal

    Infos pratiques :
    Horaires estivaux : 8h30-18h00
    Tarifs : Adulte = 10 € / Enfant (4-16 ans) = 5€

    Caractéristiques / Le Zoo en Chiffre

    Membre de la WAZA, de l’EAZA, du VDZ, et du NRWPZ
    Le parc participe à 39 EEP et 15 ESB.
    Andre Stadler, curateur à Wuppertal est le coordinateur de l’EEP du chat à pied noir depuis 1994 & Ulrich Schurer, directeur du zoo, est le coordinateur de l’EEP du poudou du Sud depuis 2001.

    La collection comporte près de 5000 animaux de 460 espèces.
    Superficie : 24 hectares
    En moyenne 80 employés
    Fréquentation : 610 980 en 2008

    Dates clées

    8 septembre 1881 : Ouverture du Zoo de Wuppertal avec 34 animaux dont un couple de loups et un ours. Le restaurant, toujours présent aujourd’hui, date de cette époque.
    1910 : Pour ses vingt ans, le zoo s’inspire de la philosophie d’Hagenbeck et se lance dans des chantiers d’installations « sans barrière » : le panorama nordique pour ours polaires et pinnipèdes mais aussi un rocher pour lions.
    27 mai 1927 : Arrivée des premiers éléphants, un couple asiatique. Jusque dans les années 60, le zoo présentera des pratiques de dressage mais ce temps est révolue. Un premier aquarium-terrarium, inspiré de celui de Berlin, est ouvert en septembre (il sera détruit en 1975 pour être remplacé par la maison des grands singes).
    1937 : Le Zoo de Wuppertal, qui a été plutôt épargné par les bombardements, est récupéré par la ville.
    1er avril 1950 : Arrivée de « Lina », l’une des coqueluches des visiteurs. Cette femelle hippopotame vivra près de 4 décennies au Zoo dans une installation exigüe de la maison des éléphants (Actuelle Tapirhaus).
    1975 : Le Zoo reçoit son premier couple de chats à pieds noirs qui est désormais sa spécialité en matière d’élevage. Et pour cause, il a déjà enregistré plus de 130 bébés !
    1981 : Le zoo fête son siècle d’existence avec un résultat impressionnant : 40 millions de visiteurs ont déjà arpenté ses allées. Parmi les réalisations de l’année : La maison des cerfs (Cerf du Père David, à museau blanc mais aussi takin et kiang), la nouvelle maison des gibbons et les volières pour rapaces.
    5 novembre 1993 : Ouverture de la serre tropicale où évolue les oiseaux exotiques en liberté. De nombreux succès de reproduction y auront d’ailleurs lieu.
    14 octobre 1995 : Inauguration de la nouvelle installation des éléphants africains. Avec un bâtiment de 1340 m² et un espace extérieur de 3000 m², c’est la plus grande installation du zoo.
    2002 : Des tapirs visibles en aquavision. L’arrivée des tapirs de Baird, les seuls en Europe à l’époque, dans les années 90 était déjà sensationnel mais en mai 2002, les visiteurs ont pu découvrir un aménagement unique au monde : un bassin en aquavision pour tapirs (depuis cela a été développé ailleurs).
    Juillet 2003 : les orang-outans ont accès à un vrai enclos extérieur de 600 m² reconnu comme l’un des mieux aménagé d’Europe.
    2004 : En mai, les derniers enclos extérieurs sont rénovés autour de l’ancienne maison des éléphants pour présenter dans les meilleurs conditions possibles les tapirs. Le 8 octobre a lieu l’inauguration du nouvel enclos des ours kodiaks après 6 mois de rénovation.
    2005 : L’année est marquée par le début de construction de la nouvelle installation pour manchots du Cap mais surtout par les naissances d’éléphanteaux : le 3 juin né le premier éléphanteau de Rhénanie du Nord et son demi-frère suivra le 9 octobre.
    2006 : En plus de l’inauguration de l’enclos des manchots du Cap, retardée par un problème de baie vitrée ; les 125 ans de l’institution sont célébrés par la conception d’un nouvel enclos extérieur pour les gorilles.
    2007 : les grands félins sont à l’honneur avec l’inauguration le 24 mai de deux nouvelles installations pour tigres et lions sur une surface totale de 4 hectares. L’enclos des lions est d’ailleurs le plus grand jamais construit en Allemagne. En août, les manchots royaux sont déplacés dans une installation temporaire le temps que la leur soit rénovée.
    2009 : Inauguré le 23 mars, le bâtiment des manchots héberge des manchots royaux mais aussi des manchots papous dans un décor unique en Allemagne. Sa particularité est son long tunnel de 15 m en acrylique qui permet de passer en dessous du bassin des oiseaux marins.
    Projets futurs : Enclos pour okapis avec bâtiment visible par les visiteurs (2010), installation extérieure pour bonobo (2010/2011) et volière africaine de 1200 m² avec comme vedettes les becs-en-sabot et les cigognes orientales (début des travaux en 2011).

    Plan du parc
    Je ferrais de nombreuses références au n° du plan (Ouvrez le pour voir les numéros Wink)


    Carnet de visite

    Rien que l’accès au zoo fut un exploit. En effet, le Zoo de Wuppertal est situé au sommet de la ville et vu la neige qui avait recouvert une bonne partie de l’Europe … La voiture a bien eu du mal à accéder au parc. Equipés de gros manteaux et gants, nous sommes donc partis à l’assaut du Zoo de Wuppertal dont l’entrée est très contrastée. En effet, le restaurant traditionnel datant de l’inauguration se situe juste à côté des caisses au style moderne !


    Arrivée au Zoo de Wuppertal.


    L’avancée progressive dans l’allée arborée enneigée permet de nous imprégner rapidement de l’histoire et de l’ambiance de ce lieu unique. En arrivant à la hauteur d’une zone découverte, un kiosque à musique où se tient encore parfois des représentations était le lieu de l’exposition de manchots – l’emblème du zoo – décorés tout en couleur.


    Kiosque à musique « habité » par des manchots décorés.


    Une partie de la collection – importante – d’anatidés de l’établissement est présentée dans un plan d’eau dans le bas d’une pente dégagée (n°4). A citer parmi les espèces les plus rares ici : dendrocygne à dos blanc (Thalassornis leuconotus) ; stictonette tachetée (Stictonetta naevosa) ; eider royal (Somateria spectabilis) reçu en 1991 ; eider de Fisher (Somateria fischeri) dont le parc a enregistré en 1999 la première naissance dans un zoo allemand ; arlequin plongeur (Histrionicus histrionicus) ; macreuse noire (Melanitta nigra) jamais reproduit bien que reçu en 1979 ; harelde boréale (Clangula hyemalis) …


    Plan d’eau des anatidés.


    Eider royal (Somateria spectabilis).


    Alors que nous continuons d’avancer dans les allées vides de visiteurs … Nous arrivons devant un premier enclos « désert ». Quelques bruits d’oiseaux nous incitent à faire le tour de l’installation en traversant une sorte de jardin masqué par l’épaisse couche de neige. La source sonore est découverte : il s’agissait de la colonie de flamants confinés pendant toute la durée de l’hiver dans un petit bâtiment vitré bâtie en 1963 (n°6). La colonie mixte se compose des traditionnels flamants du Chili (Phoenicopterus chilensis) ; flamants roses (Phoenicopterus roseus) ; flamants rouges (Phoenicopterus ruber) mais aussi d’un couple de flamants des Andes (Phoenicopterus ruber) arrivés en 1971, cette espèce est très rare en captivité.


    Bâtiment des flamants.


    Alors que les cris stridents des aras – eux aussi maintenus dans leur bâtiment – se font entendre lorsque nous passons à côté de leur parc extérieur (où des tortues terrestres s’ébattent également lors des beaux jours), nous pouvons avoir une première vue sur le panorama nordique (n°19,20,22). Nous sommes ici au meilleur endroit pour nous rendre compte du travail esthétique effectué il y a tout de même un siècle !


    Première vue sur le Panorama nordique.


    Nous passons désormais derrière la maison des oiseaux. Cette zone a été divisée en trois enclos herbeux séparés des visiteurs par un mince bras d’eau et sera rénovée prochainement pour être transformée en grande volière africaine. Alors que des espèces rares sont visibles habituellement dans ces enclos – pour infos il s’agit d’un couple de becs-en-sabot du Nil (Balaeniceps rex) formé depuis l’année dernière ; d’un tantale indien (Mycteria leucocephala), une femelle arrivée en 1994 et qui vit avec l’un des bec-en-sabot ; mais aussi d’un couple de cigognes orientales (Ciconia boyciana) – seuls deux anatidés étaient là pour nous accueillir : une oie cygnoïde (Anser cygnoides) et tout de même une harle de Chine (Mergus squamatus), peu commun, que le parc a reçu en 2007.


    Oie cygnoïde (Anser cygnoides).


    Enclos où cohabite un bec-en-sabot et le tantale indien lorsque le temps le permet.

    Nous sommes ensuite parti à l’assaut du reste du parc avec toute une succession d’enclos vides d’animaux. Lors des jours plus chauds et moins neigeux, on peut y voir des poudous (Pudu pudu). Cette espèce est l’une des spécialités d’élevage du zoo qui coordonne d’ailleurs le programme d’élevage européen. Une volière h éberge également à l’habitude des oiseaux malgaches : couas huppés et ibis huppés.
    Seuls spécimens visibles à l’extérieur : un petit groupe de wallabys de Bennett (Macropus rufogriseus) qui sautillaient dans leur parc recouvert de neige.


    L’un des enclos vide, habituellement occupé par des grues caronculées et anatidés.


    Wallaby de Bennett (Macropus rufogriseus).

    Les allées nous emmène aux abords de la « Vogelhaus » (n°12), maison des oiseaux du zoo. Avant cela, on s’est arrêtés quelques secondes devant une grande volière où des ibis rouges (Eudocimus ruber), parrainées par l’hôtel Ibis de la ville (!), cohabitent avec d’autres échassiers.



    Volière des échassiers et panneau d’identification (avec l’annonce du parrainage).


    De l’autre côté de l’allée, nous nous sommes approchés de la rangée de 6 volières extérieures directement accolées à la maison des oiseaux. Peu d’espèces étaient sorties - cela parait évident - mais j’ai été surpris de découvrir les tinamous huppés (Eudromia elegans) et les perruches cornues (Eunymphicus cornutus) à l’extérieur.
    Bien sur les grands absents étaient les kagous huppés (Rhynochetos jubatus), deux mâles nés captifs au WeltVogelpark Walsrode (Allemagne).


    Rangée de volières.


    Colonie de tinamous huppés (Eudromia elegans).

    Après avoir franchie une double porte vitrée, nous sommes enfin arrivés dans la chaleur de première section du pavillon des oiseaux inauguré en 1960. Typique des zoos urbains, ce bâtiment présente de nombreuses espèces fragiles dans 12 volières vitrées alignées de chaque côté de la pièce. Alors que les espaces dévolues aux oiseaux sont plutôt sommairement enrichi et de taille modeste, la collection est importante et compte parmi les plus rares du pays pour un zoo généraliste.



    Entrée et intérieur de la Vogelhaus.


    Espace intérieur typique.

    Et voici en photo, les spécimens les plus intéressants qui pouvaient être observés :


    Ce jeune ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus) qui cohabite avec un ara ararauna. Ils sont tout de nés l’année dernière et ont été élevés à la main ensemble.


    Cotinga pompadour (Xipholena punicea). Le Zoo de Wuppertal a reçu en août 2007 le seul couple de cette espèce connu en Europe.


    Coq-de-roche (Rupicola peruvianus sanguinolentus), une autre spécialité de l’établissement. Ce dernier a reçu un couple en 2002 et a obtenu dès 2004 le premier succès d’élevage en Europe. La réussite survient à nouveau en 2006 quand un petit est élevé avec succès par ses parents, une première en captivité ! L’ensemble des individus présents à Wuppertal aujourd’hui y sont tous nés de 2005 à 2008.


    Ce microglosse noir (Probosciger aterrimus) est le seul représentant de son espèce. Il cohabite aujourd’hui avec :


    Des polochions à menton jaune (Philemon citreogularis), les seuls présents dans un zoo européen à ce jour.


    Brève à capuchon (Pitta sordida muelleri). L’unique femelle cohabitait lors de ma visite avec :


    Un eurylaime à longue queue (Psarisomus dalhousiae). L’individu photographié en février 2010 était le dernier dans un parc zoologique européen. Il est mort peu de temps après ma visite.


    Ce guêpier à gorge blanche (Merops albicollis) au bec proéminant vit dans la dernière volière du bâtiment en compagnie d’autres oiseaux africains. Les quelques individus arrivés en 1993 sont les seuls vivant dans un zoo en Europe.


    Ce barbion à croupion jaune (Pogoniulus bilineatus) fait parti des oiseaux qui cohabitent avec les guêpiers.


    Coua huppé (Coua cristata). Cette espèce vit habituellement dans la volière malgache à l’extérieur. Bien que le sachant, j’ai été quelque peu déçu de ne pas découvrir l’un des seuls paradisier royal (Cicinnurus regius) d’Europe qui était encore présenté dans cette volière quelques semaines avant ma visite.


    Trogon à queue blanche (Trogon viridis). Ce mâle est arrivé en décembre 2009 en provenance du Zoo de Zurich. L’espèce reste très rare en Europe.


    Il cohabite avec des coracines noires (Querula purpurata), une autre espèce rarissime en captivité. Un couple est arrivé en octobre 2000 directement du milieu naturel et se sont reproduits pour la première fois dans le monde en 2006. D’autres oisillons sont nés depuis (notamment en mars 2009).


    Au fond de la pièce, on peut entrer dans une extension réalisée en 1993. Il s’agit d’une serre où les oiseaux évoluent en liberté. Nous sommes restés pas mal de temps sur la passerelle surélevée en bois qui s’avance dans l’espace tropical. Cet espace unique en son genre a permis d’obtenir plusieurs d’élevage rare en captivité (comme les coqs-de-roche).


    Serre tropicale de la maison des oiseaux.


    Voici une sélection des clichés les plus intéressants :


    Calliste septicolore (Tangara chilensis).


    Moucherolle vermillon (Pyrocephalus rubinus) présenté dans deux parcs en Europe.


    Araponga à gorge nue (Procnias nudicollis). Le zoo a enregistré la première naissance mondiale en 1995.


    Tangara du Brésil (Ramphocelus bresilius).


    Caurale soleil (Eurypyga helias) en pleine parade nuptiale.


    Femelle manakin à longue queue (Chiroxiphia caudata). Le zoo de Wuppertal est le seul en Europe à présenter une telle espèce. De plus, il les reproduits depuis 1994.


    Je terminerais cette structure sur une photo illustrative. Elle montre un colibri en plein vol et plus précisément le dernier et le seul ariane béryl (Amazilia beryllina) à avoir été présenté en Europe. Il est mort peu de temps après ma visite, lui aussi. Pendant longtemps, Wuppertal a été un spécialiste de la présentation des colibris mais c’est un temps révolu puisqu’il ne reste que les arianes de Lesson et des dryades à queue fourchue (Thalurania furcata), unique en Europe tout de même, au parc.
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    Message par alexpe8 le Ven 18 Juin 2010 - 16:00

    Alors que nous devons ressortir dans les allées glaciales, rééquipés de vêtements chauds, il est possible de pénétrer dans la dernière réalisation du zoo. L’installation des manchots (n°13), emblèmes de l’établissement, a tout de même coûté 3 millions d’euros et a été inaugurée le 23 mars 2009. Dans un espace rocheux entouré de grandes baies vitrées, les manchots royaux (Aptenodytes patagonicus) – dont certains spécimens sont arrivés en 1975 du milieu naturel – et les manchots papous (Pygoscelis papua) – ré-accueillis pour l’occasion en janvier 2009 (le zoo les a déjà présenté avec reproduction par le passé) – ont accès à une plage de 100 m² et un bassin de 220 m³. En plus des nombreux panneaux pédagogiques très bien faits, j’ai été particulièrement impressionné par le résultat que donne le long tunnel (15 m) en acrylique qui passe sous le bassin.




    Nouvelle installation des manchots.


    Autre édifice gorgé d’histoire : la maison des éléphants (qui a aussi accueilli en 1954 un rhinocéros noir pour Vienne, ou hippopotame jusqu’en 1991) avait avec la neige un charme quadruplé. L’aménagement intérieur contraste avec le style ancien très marqué sur la façade. En effet, tout a été refait pour l’arrivée des tapirs en 1994 : bâtiment scindé en boxes vitrés, construction d’un bassin vitré, ajout de substrat d’écorce au sol … L’espèce présente est rare et fait la fierté de l’institution ; il s’agit du tapir de Baird (Tapirus bairdii). L’établissement est le premier et le seul en Europe à reproduire cette espèce et a du envoyer deux des jeunes nés ici à Berlin et Cottbus. Aujourd’hui, quatre individus vivent encore au zoo dont « Jasper » né en 1991 à Norfolk (USA) et arrivé en juin 1996 mais aussi sa compagne « Tanya » née en 1980 à San Diego. Deux femelles nées ici vivent encore à Wuppertal. Après avoir été amusés par le dernier petit du zoo (« Bonita » née le 13 septembre 2009) qui a déjà bien grandie, la surprise a été à l’extérieur quand nous avons découvert l’un des individus trottinant tout naturellement dans l’un des espaces à l’air libre réservés à l’espèce !




    Ancienne maison des éléphants reconvertie pour les tapirs (n°14).


    L’un des enclos extérieurs.


    Tapir de Baird (Tapirus bairdii).

    Nous pénétrons ensuite dans un secteur du zoo qui devrait être prochainement changé selon les projets du parc. Il est vrai que je constate, même avec la neige, que cette partie est plutôt ancienne et n’offre plus de bonnes conditions pour présenter l’un des mammifères les plus énigmatiques : l’okapi (Okapia johnstoni). Un projet est prévu pour changer l’installation de « Henry », le seul individu du parc qui est arrivé en 2006. La femelle « Tenda » est morte en 2009 et je pense qu’après la rénovation de l’installation une autre viendra. Je me suis toutefois plutôt concentré sur l’installation en face, un petit enclos grillagé. Nous avons pu y observer par chance, au deuxième passage, le denier guépard royal (Acinonyx jubatus « rex ») a avoir vécu dans un zoo en Europe à ce jour. « Hellen », née le 4 mai 2000 à Nuremberg est morte en mars 2010 d’une insuffisance rénale.


    Enclos du guépard royal.


    « Hellen », dernier guépard royal (Acinonyx jubatus « rex ») à avoir vécu dans un zoo européen.

    Deux très grandes volières définissent le virage de l’allée (n°17). Je n’ai malheureusement pas pu voir les harpyes féroces (Harpia harpyja), rapace particulièrement impressionnant que j’avais découvert à Berlin il y a deux ans. L’un des individus provient du milieu naturel et est arrivé en 1979.


    L’une des grandes volières pour rapace (ici occupée par les vautours moines).

    J’ai également bien apprécié le nouvel enclos des manchots du Cap (n°18) qui a été ouvert en 2005. L’installation m’a bien plus avec ses faux rochers bien intégrés dans le paysage.



    Installation des manchots du Cap.

    La joie était moins au rendez-vous quand nous avons commencer à observer le panorama arctique (n°19,20,22). Réalisée en 1910, cette structure est aujourd’hui dépassée malgré les phases de rénovation qu’elle a subit. La première installation, une piscine pour otaries (un jeune mâle « Mylo » est arrivé après ma visite pour remplacer l’ancien mort en 2009) fait office de niveau inférieur.


    Piscine des otaries de Californie (Zalophus californianus).

    L’installation des ours polaires (Ursus maritimus) est encore plus triste à regarder … Il s’agit d’une sorte d’escalier en béton donnant sur un bassin présentant une vision sous-marine. « Jerka », âgée de 21 ans et arrivée en 1992, et son compagnon « Lars » arrivé en octobre 2009 étaient tous les deux stéréotypés. Ce mâle, né à Munich, est le père du célèbre Knut. Le comble est la présence d’un enclos pour une femelle et son petit … Seulement quelques naissances ont eu lieu ici - cela se comprend - et la dernière remonte à 15 ans.



    Enclos des ours polaires (notez l’impression de proximité sur la première photo).


    Enclos de maternité.


    « Lars », mâle ours polaire (Ursus maritimus) arrivé il y a quelques mois du Zoo de Berlin.

    Alors que nous avions accéléré le pas en direction de l’Aqua-terrarium pour nous mettre au chaud, la présence d’une camionnette à la décoration connue a attiré mon regard sur le parking de la zone réservée aux soigneurs.


    En route vers l’Aqua-terrarium …


    … nous découvrons une camionnette du Zooparc de Beauval !

    Ce bâtiment, réalisé en 1974, est classique pour un zoo allemand et m’a un petit peu rappeler celui de Duisburg en plus récent. La section aquarium, composée de 25 bacs, ne présente pas vraiment de spécimen remarquable. La collection comporte aussi bien des espèces d’eau douce que marine comme :


    Ce bodianus de Cuba (Bodianus pulchellus).


    Aquarium du zoo.

    La conception du vivarium m’a plu. La végétation est bien choisie et les terrariums, bien que petits, sont très bien aménagés. Je n’ai relevé aucune grosse rareté dans ces installations et je vous présente juste quelques espèces qui m’ont le plus marqué.


    Vue du vivarium.


    Lézard malachite (Sceloporus malachiticus).


    Fouette queue ocellée (Uromastyx ocellata), visible que dans quatre établissements en Europe, tous situé en Allemagne.


    Un très beau python vert arboricole (Morelia viridis). Wuppertal les reproduit depuis 1997.


    Varan émeraude (Varanus prasinus).

    La principale rareté de l’édifice se trouve en faite au fond dans un enclos qui occupe la totalité de la largeur du vivarium. Deux crocodiles de Nouvelle-Guinée (Crocodylus novaeguineae) étaient présents lors de ma visite, stoïques comme la plupart des crocodiles que j’ai vu ! Visible dans seulement trois parcs en Europe, cette espèce s’est reproduit pour la première fois en captivité à Wuppertal au cours de l’année 1998.



    Enclos des crocodiles et crocodile de Nouvelle-Guinée (Crocodylus novaeguineae).

    Les bouquetins de Sibérie (Capra sibirica), vivant dans le dernier enclos du panorama arctique s’en donnaient à cœur joie dans la neige ! Une grande structure en béton projeté, typique des réalisations de Carl Hagenbeck, leur sert de montagne. Personnellement, j’ai trouvé que cette réalisation était encore d’actualité malgré qu’elle ait été conçue en 1910 … Contrairement à celles des ours et des otaries.


    Enclos des bouquetins.


    Beau mâle bouquetin de Sibérie (Capra sibirica).

    La suite de la visite nous a mené aux abords de deux enclos adjoints au même bâtiment. Ils étaient totalement vides et pour cause, après avoir déneigé les panneaux (avec une méthode traditionnelle ! ^^), nous découvrons qu’ils abritent habituellement des espèces originaires des forêts tropicales africaines. Il s’agit d’un groupe de potamochères d’Afrique de l’ouest (Potamochoerus porcus porcus) pour la première installation et de deux femelles bongos de l’est (Tragelaphus eurycerus isaaci) dans la seconde. Nommée « Sanga » et « Nyeri », elles sont arrivées le 20 juin 2009 du Zoo de Berlin où elles sont nées (un groupe reproducteur était autrefois présenté).


    Enclos habituellement occupé par les potamochères.


    Enclos réservé aux bongos.


    Une harde de zèbres de Grant (Equus burchellii boehmi) cohabitent plus loin avec des élands communs (Taurotragus oryx) dans un enclos relativement vaste (n° 24). Je découvre avec étonnement que les deux herbivores africains ne semblent pas du tout perturbés par la neige et évoluaient normalement de l’autre côté de leur douve sèche.


    Enclos des zèbres et des élands.


    Zèbre de Grant (Equus burchellii boehmi).

    Nous avons pu par la suite observer une installation qui nous a laissé perplexe ... Le bâtiment temporaire des manchots (n°13 a) qui a été construit en août 2007 est, comme son nom l’indique, un édifice qui devait être éphémère et qui était prévu pour héberger les manchots royaux pendant la durée des travaux de leur nouvelle installation. Mais en fait, il est toujours occupé malgré le départ des manchots, pourquoi ? Tout simplement parce que le Zoo de Wuppertal y présente – dans un décor caricaturalement simplet – deux mâles manchots nains (Eudyptula minor novaehollandiae), les derniers en Europe : les deux sont nés en août 2003 au Zoo de Melbourne (Australie) et ont été importés par Cologne (Allemagne) en septembre 2004. L’un d’entre eux a toujours vécu à Cologne et a été transféré ici le 14 septembre 2009. Le second, a été hébergé dès 2008 à Bristol et a fait son apparition à Wuppertal en novembre 2009.
    Plusieurs individus sont déjà morts depuis qu’ils sont arrivés et notamment les deux précieuses femelles … Un transfert qui a tourné au fiasco.



    Installation des manchots nains.


    Manchot nain (Eudyptula minor novaehollandiae).

    L’avantage d’une visite avec peu d’animaux visibles est que l’on s’attarde plus sur les détails. Ainsi, alors que nous montions vers la maison des petits félins, j’ai remarquais sur la gauche – dans une zone non accessible au public – toute une « collection » de boites de transport en bois.


    « Collection » de boites de transport.

    Après cette belle ascension, nous avons la possibilité d’entrée dans la maison des petits félins (« Kleinkatzenhaus »), un petit édifice où l’odeur est … féline ! L’aménagement ressemble plus à un couloir de service qu’à un espace de visite mais cela permet de bien voir les animaux. Il s’agit en effet d’une succession de cages grillagées et vitrées séparées les unes des autres part des cloisons en bois. Les volières extérieures offrent une bonne surface aux « chats » qui se reproduisent très bien à Wuppertal.


    Volières extérieures.


    Intérieure de la maison des petits félins.


    Cette femelle chat de Geoffroy (Leopardus geoffroyi) est née le 31 mars 1998 à Wuppertal. Son compagnon vivait dans la volière d’à côté. L’établissement, qui présente cette espèce depuis 1975, la reproduit depuis de nombreuses années.


    Les chats des sables (Felis margarita harrisoni), dont les premiers individus proviennent des zoos de Mulhouse et Londres, se reproduisent depuis 1997 au parc.



    Ces chats à pieds noirs (Felis nigripes) ont un peu contribué à mon déplacement. Très rare en captivité, ils ne sont présentés que dans trois autres institutions, et le Zoo de Wuppertal est toujours le leader dans l’élevage puisqu’il a déjà obtenu plus de 137 naissances depuis 1976. Les deux animaux présentés lors de ma visite, « Bill » et « Bob » sont nés le 25 juillet 2008.

    L’allée en face quand nous sortons de la maison s’étale le long d’une des extrémités du zoo. Elle présente une succession de volières (n°27 et 28) de différentes tailles et destinées à plusieurs espèces. Ainsi, les deux premières sont les lieux de vie des panthères des neiges (Uncia uncia) et des lynx de Sibérie (Lynx lynx wrangeli). Les autres, bâties en 1981 à l’occasion du 100ème anniversaire, hébergent de grands rapaces comme les condors des Andes (Vultur gryphus) ; des gypaètes barbus (Gypaetus barbatus) pour lesquels le parc participent à des réintroductions et à l’élevage en captivité ; des aigles bateleurs (Terathopius ecaudatus) …


    Once (Uncia uncia).


    Volière typique pour grands rapaces.
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    Message par alexpe8 le Ven 18 Juin 2010 - 16:05

    C’est après avoir descendu une légère pente que l’on peut s’intéresser à la fauverie (n°26), érigée en 1970. Dans un premier, nous avons pu observer de suricates (Suricata suricatta) à l’extérieur malgré le manteau neigeux qui recouvrait leur espace ouvert en 1971.


    Enclos des suricates.


    Fauverie.

    Le bâtiment m’a particulièrement impressionné par sa longueur. Il est typique des parcs urbains du pays : petites loges intérieures grillagées à l’aménagement artificiel reliée à des cages extérieures. La diminution progressive de la collection – il ne reste que 4 espèces : panthère noire (Panthera pardus) ; chat doré d’Asie (Profelis temmincki) depuis 1970 ; panthères longibande (Neofelis nebulosa) et panthère d’Inde (Panthera pardus fusca) – a permis d’offrir des espaces mieux adaptés. J’y étais venu pour voir le couple de panthère de l’Inde, « Bagyha » et « Khang Shi » arrivés le 19 mars 2004 (ils sont nés sauvages au Népal), l’un des seuls en Europe mais je n’ai pu les photographier sans le grillage.
    La chance a tout de fois était de mon côté avec les panthères longibandes puisque j’ai pu voir les trois bébés nés le 19 septembre 2009 à l’extérieur.


    Couloir de la fauverie.


    Exemple de loge intérieure (pour chat doré ici).


    Jeune panthère longibande (Neofelis nebulosa).

    Deux installations annexes et vitrées hébergent quant à elles de petites espèces : des rats-taupes d’Ansell (Cryptomys anselli) dans une reconstitution de terrier et des macroscélides à oreilles courtes (Macroscelides proboscideus) dans un long terrarium. Elles cohabitent avec des reptiles tels de rares zonures (Cordylus cataphractus).


    Installation des rats-taupes.


    Terrarium des macroscélides et des reptiles.

    Alors que nous débutons notre ascension vers les enclos des tigres et des lions, c’est un grand enclos qui se révèle sur la droite. Cette vaste plaine vallonnée fait office d’espace sud-américain (n°29) en faisant cohabiter dans un même lieu des guanacos (Lama guanicoe), des nandous de Darwin (Pterocnemia pennata) et des maras (Dolichotis patagonum).


    Plaine sud-américaine.

    Nous arrivons donc à la zone des grands félins (n° 26-b et 26-c) inaugurée le 27 mai 2007 sur 4 hectares. Ces vastes installations ont permis de reloger dans de bonnes conditions les tigres et les lions autrefois cantonnés à des cages de la fauverie. L’enclos des tigres de Sibérie (Panthera tigris altaica) s’approchait encore plus de leur milieu originel – la forêt boréale – sous la neige.




    Accès à la zone et enclos des tigres.


    Tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica).


    La montée de la pente verglacée n’a pas été aisée mais nous y sommes finalement parvenus et c’est un panorama grandiose qui s’est révélé derrière nous :


    Enclos des tigres vue de haut, on s’y croirait non ?


    Montée vers l’enclos des lions.

    Après avoir observer l’enclos des tigres de loin, il est possible de monter au sommet d’une tour d’observation. Une fois en haut, il faut plusieurs seconde pour réaliser ce que l’on voit devant nous … Malgré le climat, l’installation des lions d’Afrique (Panthera leo) était très spectaculaire. Cette vaste plaine découverte représentant une savane est le plus grand enclos jamais construit pour cette espèce en Allemagne.


    Observatoire des lions.



    Plaine des lions depuis la tour d’observation.

    Il est également possible d’entrer dans un tunnel, aménagé comme un grotte, qui nous emmène au cœur du territoire des « rois des animaux ».



    Tunnel menant au cœur de l’enclos.

    Une seconde caverne, qui fait office de loge intérieure, est visible en bas de l’installation par une large vitre. Un couple de lions (« Massi » & « Kisangani ») et leur quatre petits nés le 27 février 2009 étaient visibles ici lors de notre passage.
    La seule sortie d’un lion était celle d’une lionne qui a daigné se montrer à la porte du bâtiment après que ayons jeter un gros morceau de glace dans le plan d’eau !


    Installation intérieure « de présentation ».


    Jeune lion d’Afrique (Panthera leo).


    Lionne à la porte du bâtiment.

    De retour dans la partie « traditionnelle » du Zoo de Wuppertal, nous avons pu découvrir une jolie installation inaugurée en 1981 et nommée « Hirshaus » / maison des cerfs (n°31). Les rennes (Rangifer tarandus), les rares cerfs à museaux blancs (Cervus albirostris) mais aussi les cerfs du Père David (Elaphurus davidianus) étaient visibles dans les trois enclos supérieurs. Les cerfs à museaux blancs, encore appelés cerfs de Przewalski, sont arrivés à Wuppertal en 1998 en provenance du Tierpark Berlin et du Zoo de Rotterdam. La dernière naissance remonte au 10 janvier 2010.


    Enclos typique pour cerf (ici pour les milus).


    Cerf à museau blanc (Cervus albirostris).

    En continuant notre visite autour de ce même bâtiment en bois, nous arrivons devant un enclos garni de quelques troncs et rochers. C’est le lieu de vie des takins du Mishmi (Budorcas taxicolor taxicolor) que le parc présente depuis 1992 et reproduit depuis 2005.


    Enclos des takins.


    Jeune takin du Mishmi (Budorcas taxicolor taxicolor) âgé d’un an.

    Une agitation certaine régnait dans un petit enclos (n°30) construit en face légèrement en contrebas et relié à une maisonnette en rondins. De très nombreux pécaris à collier (Pecari tajacu) s’agitaient dans cet espace où la neige était partiellement recouverte par la paille et la boue agitée par ces animaux qui ne tiennent pas en place.


    Enclos des pécaris.


    Une toute partie du grand groupe de pécaris à collier (Pecari tajacu).

    Le dernier enclos associé aux bâtiments des herbivores asiatiques (milus, cerfs à museau blanc, takin …) héberge une superbe espèce dont la robe brun-roux était magnifique en contraste avec le manteau neigeux : il s’agit du kiang de l’Est (Equus kiang holdereri). Cette espèce hébergée par peu de parcs zoologiques est représentée ici par quatre individus dont le dernier né du zoo : « Mandalai » qui a vu le jour en 2005.


    Kiangs de l’est (Equus kiang holdereri).
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    Message par alexpe8 le Ven 18 Juin 2010 - 16:11

    Par la suite, nous avons pu observer les deux enclos réservés aux grues asiatiques de l’établissement (n° 32). Les parcs grillagés qui hébergent respectivement un couple de grues à cou blanc (Grus vipio) et un autre de grues du Japon (Grus japonensis) sont de taille remarquable et bien fournis en végétation.


    Enclos typique pour grues (ici du Japon).


    Grue à cou blanc (Grus vipio).

    Nous entendions depuis le début de notre visite les hurlements des loups mais nous ne savions pas d’où ils provenaient … Nous avons désormais la réponse devant nos yeux. En effet, un petit enclos héberge ici une petite meute de loups identifiés comme appartenant à la sous-espèce de l’Hudson river (Canis lupus hudsonicus). Cette installation nous parait dépassée et pour cause, en regardant un peu mieux, on peut voir une plaque inaugurale dans la fosse et la date indiquée est 1973 !



    Enclos des loups et sa plaque inaugurale.


    Jeunes loups de l’Hudson River (Canis lupus hudsonicus) nés en avril 2009. Sur les quatre petits de cette portée, trois sont partis cette année à Amsterdam.

    Preuve que le Zoo de Wuppertal peut faire « du beau avec du vieux », nous découvrons juste à côté l’enclos des ours kodiaks (Ursus arctos middendorffi). Cette structure (n°35) a été construite en 1964 et a été rénovée avec brio en 2004. L’espace dévolu aux animaux et relativement grand et les propositions variées d’enrichissement du milieu sont plus qu’intéressantes ! « Henry » et « Mabel », les ours du zoo, ne se sont jamais reproduit ici et cela est bien dommage puisque cette espèce est plutôt rare en captivité.


    Enclos des ours.


    Ours kodiak (Ursus arctos middendorffi).

    Avant de nous intéresser au bâtiment des grands singes dont on voit déjà depuis quelques temps les structures, nous nous sommes arrêtés quelques secondes devant un vaste plan d’eau ; il héberge une autre partie des anatidés du parc qui n’étaient pas forcément au rendez-vous étant donné la température !


    Bassin des anatidés.

    Il est donc maintenant temps de nous intéresser à la maison des grands singes « Menschenaffen-Haus » inaugurée en 1978. Dans un premier temps, nous pouvons observer les enclos extérieurs qui sont au nombre de deux :
    - Le premier est destiné aux orangs-outans de Bornéo et a été inauguré le 12 juillet 2003 sur une surface de 600 m² très bien aménagée. Le budget de 1,5 millions d’euros a permis de réaliser quelque chose d’intéressant et de peu commun : les grands singes sont observables de l’autre côté de fossé sec ou depuis des grottes vitrées.
    - Le second a été élaboré selon le même principe mais cette fois pour des gorilles des plaines. Réalisée pour le 125ème anniversaire de l’établissement, cette installation de 525 m² permet enfin d’offrir des conditions plus décentes aux anthropoïdes.



    Installation extérieure des orangs-outans.

    Vu le manteau qui recouvrait ces parcs extérieurs, il était évident que les singes se trouvaient dans le bâtiment, c’est pourquoi nous nous y sommes très vite mis au chaud. La modernité laisse ici sa place à l’ancienneté avec différentes volières intérieures vitrées qui me rappelle étrangement celle de Bâle : très propres et très épurées, elles offrent uniquement un enrichissement artificiel pour les animaux.


    Entrée de la maison des grands singes.



    Loges intérieures.

    Et le plus surprenant c’est qu’encore à ce jour quatre espèces d’anthropoïdes vivent ici et deux d’entre eux n’ont jamais accès à l’extérieur ! Voici une courte présentation des groupes :
    - Une famille de 4 orangs-outans (Pongo pygmaeus) hybrides et stérilisés. Cette espèce est présentée depuis 1978 et s’est rarement reproduite ici. L’un des seuls petits nés ici en 1989, une femelle nommée « Sanda », y vit toujours.
    - Un petit groupe de gorilles des plaines de l’ouest (Gorilla gorilla gorilla). Aucune naissance n’a eu lieu pour l’instant bien qu’il soit présenté depuis l’inauguration de l’édifice. L’arrivée de « Vimoto » le 26 novembre 2009 de La Boissière du Doré (France) permet de redonner des espoirs de naissance (deux femelles seraient enceinte).
    - Des bonobos (Pan paniscus) vivent également ici depuis le début sans jamais avoir accès à l’extérieur ! Le groupe, qui s’est régulièrement agrandi depuis 1989, compte désormais 8 pensionnaires dont la dernière naissance enregistrée ici : « Luebo » né le 18 mars 2006. Heureusement, ils devraient hériter d’un enclos extérieur en 2011.
    - J’ai été très surpris de découvrir un vieux couple de chimpanzés (Pan troglodytes) car je ne savais pas du tout que cette espèce était présentée à Wuppertal ! « Epulu » et « Kitoto » (âgés respectivement de 42 et 28 ans) finiront probablement leur jour ici.


    Visiblement, c’était l’heure de la sieste chez les bonobos (Pan paniscus) !

    Pour ne pas quitter le monde des simiens, nous pouvons rapidement entrer dans la Affenhaus (n° 39), la singerie du Zoo de Wuppertal. Construit en 1928 et rénové en 1985, cet édifice héberge plusieurs espèces de singes de moyenne taille dans différentes loges intérieures vitrées à l’aménagement artificiel mais de taille assez intéressante. Elles sont toutes reliées à des installations extérieures de surface et de conception différente que nous verrons lorsque nous serons sortis du bâtiment.



    Singerie.


    Grande loge typique, ici occupée par les langurs.

    En ce qui concerne la collection maintenant, elle regroupe aussi bien des singes asiatiques, africains ou encore sud-américains :
    - Une famille de macaque à queue de lion (Macaca silenus).
    - Une groupe reproducteur d’atèles noirs de Colombie (Ateles fusciceps robustus) composé d’une dizaine d’individus et qui s’agrandit régulièrement, la dernière naissance date d’octobre 2009.
    - De très rares mangabeys à ventre doré (Cercocebus chrysogaster), les seuls présentés dans un zoo germanique. Là encore, le groupe est assez important et la plupart du temps accompagné de jeunes spécimens.
    - Un Bachelor group de drills (Mandrillus leucophaeus) a été formé avec des jeunes mâles nés au parc entre 2000 et 2005.
    - L’espace le plus grand héberge un groupe de langurs sombres (Trachypithecus obscurus), une espèce rare en captivité. L’établissement présente et reproduit cette espèce depuis l’année 1967. La dernière naissance remonte au 21 décembre 2009.


    Atèle noir de Colombie (Ateles fusciceps robustus).


    Mangabey à ventre doré (Cercocebus chrysogaster).


    Drill (Mandrillus leucophaeus).


    Langur sombre (Trachypithecus obscurus).

    Après avoir quitté le bâtiment, nous pouvons observer les espaces extérieurs qui étaient désertés par les singes avec de telles températures ! Certaines de ces installations, comme le nouvel enclos des drills (inauguré en 2006), sont de conception intéressante ; d’autres sont plutôt exigües comme les cages latérales.


    Installation extérieure des drills.


    Ancienne cage grillagée toujours occupée.
    Il est maintenant temps de s’intéresser à l’installation des éléphants inaugurée le 14 octobre 1995. Le grand enclos extérieur 3000 m² est bâti légèrement en pente jusqu’au grand bâtiment que nous découvrirons dans un second temps. On pouvait que difficilement se rendre compte de l’aménagement de l’espace extérieur en raison de la neige …


    Enclos extérieur des pachydermes.


    Pré-parc juste devant le bâtiment des éléphants.

    La maison des éléphants s’étend sur une impressionnante surface de 1340 m². Les éléphantes et leurs progénitures ont accès ici à un enclos où ils évoluent librement séparés des visiteurs par un fossé en pente douce et des fils électriques. La nuit, des boxes individuels sont réservés pour chacun des pachydermes. Le mâle quant à lui vit dans un enclos circulaire séparé des autres individus.


    Enclos intérieur des éléphants.


    Bassin à l’intérieur du bâtiment.


    Espace intérieur du mâle.

    Le groupe se compose actuellement des individus suivants :
    Tusker, le mâle dominant né en 1992, arrivé le 2 août 1995 du Parc national du Kruger (Afrique du Sud) avec trois femelles :
    Sabie née en 1992. Elle a mis bas à Tika le 13 juillet 2007.
    Punda née en 1992. Sa fille, Pongi née le 5 juin 2005, vit toujours à ses côtés. C’est le premier éléphanteau né dans l’histoire de l’institution.
    Sweni née en 1993. Elle a donné naissance, le 13 janvier 2008, à Tamo qui pesait 97 kg et mesurait 90 cm de haut !


    Eléphant d’Afrique (Loxodonta africana) et son petit.

    L’enclos extérieur destiné à isoler le mâle est visible dès que les visiteurs quittent le bâtiment .


    Enclos du mâle.

    Nous pouvons ensuite descendre le long de cette installation jusqu’à arriver à proximité de deux enclos grillagés légèrement en pente (n° 40-a). Ces petits espaces, herbeux l’été et ombragés par de grands arbres, sont occupés par deux espèces rares qui n’étaient pas visible lors de ma visite en raison de la neige. Il s’agit d’un mâle babirussa des Célèbes (Babyrousa babyrussa celebensis) arrivé l’année dernière. Présentés à Wuppertal depuis 1991, parfois en couple, les babirussas ne s’y sont jamais reproduits.
    C’est tout le contraire des céphalophes géants ou céphalophes à dos jaune (Cephalophus silvicultor) qui se sont reproduits à plusieurs reprises. Cette espèce impressionnante a été reçue en 1999 et la première naissance avec succès a eu lieu en 2001. Aujourd’hui il reste au parc l’une des deux dernières représentantes de cette espèce en Europe ; elle se nomme « Sabrina » et a vu le jour le 27 juin 2003. (le dernier mâle européen, son père, est mort en mai 2008).


    Enclos du céphalophe.

    Après avoir observer les enclos de plusieurs espèces domestiques (cobaye, zébu nain …), il est possible d’observer un enclos carré dont le seul aménagement est un amas de troncs. Il héberge un couple de guépard (Acinonyx jubatus jubatus).


    Enclos des guépards.

    La dernière installation animalière se trouve sur le chemin de la sortie. Il s’agit de deux îles reliées à un bâtiment vitré érigé en 1964 et rénové en 1981 à l’occasion du 100ème anniversaire de l’institution. Le tout est réservé à une grande famille de gibbons à mains blanches (Hylobates lar) où les naissances ne sont pas rares.


    Îles des gibbons au milieu de l’étang partiellement glacé.


    Conclusion :

    Malgré la neige très abondante lors de ma visite, le charme de ce zoo restait entier. Avec ses petits bâtiments coquets et ses installations remontant parfois à plus d’un siècle, il est très intéressant à visiter surtout si, comme moi, vous vous intéressez à l’histoire des parcs zoologiques. Couplé à cela, on trouve également plusieurs installations modernes (enclos des grands félins, espace des manchots, maison des éléphants) qui sont de très belles réalisations. De plus, la collection exceptionnelle du parc reste l’un de ses points forts notamment avec plusieurs singes rares mais surtout de très nombreux oiseaux, dont beaucoup sont uniques en Europe.
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    Message par hipponain45 le Ven 18 Juin 2010 - 17:40

    Il y a aussi des souimangas dans la maison des oiseaux et des tamarins lions dans la maison des grands singes . Il y a aussi un parc à grue ( caronculée ) près des wallabies et de minuscules volières cachées par la végétation près des becs en sabot ( grues cendrées , grues du japon , grues de paradis , et sûrement plusieurs raretés mais il y avait beaucoup de grillage et de plantes qui camouflaient les cages ) . Sinon bon compte rendu .
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    Message par alexpe8 le Ven 18 Juin 2010 - 17:47

    Merci pour le commentaire, toutefois ces espèces ne sont pas citées justement car ce n'est pas un compte rendu au sens propre ... Juste une visite commentée (J'ai oublié de parler aussi les diamants de Gould et tous les oiseaux qui cohabitent avec eux, je m'en excuse par avance) . Et les volières dont tu parles sont censés ne pas être visible si c'est celle autour de la direction. C'est les coulisses du parc où l'on trouvait encore il y a peu les rarissimes couas de Reynaud.
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    Message par Iziona le Ven 18 Juin 2010 - 17:54

    Alors si j'ai bien compris, faut plus jamais ramener Alexandre dans un parc qui présente de grosses raretés puisque la plupart meurent après son passage. On parlait des allergies, c'est peut être les animaux qui sont allergiques à lui lol!
    Merci pour ce petit voyage Wuppertalien à la découverte des raretés zoologiques de ce parc. Je reste pas fan de ces structures assez anciennes, préférant personnellement le moderne, mais manchots et surtout lions, valent vraiment le détour.
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    Message par Nouche le Dim 20 Juin 2010 - 16:04

    Sympatique Carnet de Voyage. Rien que pour photographier l'Eider royal en plumage nuptiale çà vallait le coup d'y aller en hiver ^^ Te resterait-il des photos de Macreuse, de Arlequin plonguer,de Harelde ou encore de Stictonnette ? Cool
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    Message par hipponain45 le Dim 20 Juin 2010 - 17:43

    Autre remarque :
    Alex , tu es sûr que les cagous sont des mâles ? Je les avait vus se reproduire en Avril .
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    Message par alexpe8 le Dim 20 Juin 2010 - 18:02

    hipponain45 a écrit:Autre remarque :
    Alex , tu es sûr que les cagous sont des mâles ? Je les avait vus se reproduire en Avril .

    En tout cas d'après ISIS c'est deux mâles arrivés en octobre 2005 et mars 2007.

    Après je pense que c'est possible qu'il y est des simulations d'accouplements chez les oiseaux vu que l'on peut bien provoquer une parade ...
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    Message par éric13 le Lun 21 Juin 2010 - 0:09

    Les simulations d'accouplement peuvent aussi servir à établir la dominance entre deux individus... Cela arrive parfois avec les mammifères.


    Pour en revenir sur l'immense enclos des lions à Wuppertal, c'est un fiasco parce qu'ils n'arrivent toujours pas à construire leur groupe.
    L'idée était de présenter un grand groupe comme on en voit dans les safari-parcs.
    Or la cohabitation entre lions n'est pas nécessairement chose facile à mettre en place, alors que parmi les félins, on s'accorde à dire qu'ils sont sociables !

    Présentation des lions adultes:

    MASSAI, le mâle reproducteur né en 1999 à Varsovie
    KISANGANI, la femelle reproductrive née en 1996 à Berlin

    MAISHA et MALAIKA, leurs filles nées en 2003

    TAMO, MASSINO et SHAWANO, nés en 2006 à Münster, arrivés en 2007

    L'idée était d'intégrer les 3 frères avec les 2 femelles. Mais le zoo n'a pas voulu brûler les étapes (et surtout éviter une bagarre générale).
    Ils les ont donc maintenu longtemps séparé à l'intérieur, d'un côté les femelles, de l'autre les mâles ensemble, les grilles les séparant. L'accès à l'extérieur se faisant par rotation.

    Ce n'est qu'en 2010 qu'ils ont commencé à présenter à l'intérieur un mâle avec une femelle en suivant toutes les combinaisons possibles.
    Puis un mâle avec les deux femelles. Toujours sous surveillance et durant un court moment.
    La difficulté étant que les 3 frères continuent à se tolérer. Les femelles ont pour l'instant des implants qui bloquent les chaleurs.

    Un fiasco parce que le couple reproducteur devra se contenter du petit enclos intégré à la maison.
    Le danger que les jeunes mâles s'allient pour rejeter le "vieux"mâle n'offre pas d'autre option.

    Au lieu d'avoir choisi un grand enclos séparable en 2 offrant plus de souplesse, les lions se retrouvent enfermés à l'intérieur la majeure partie du temps.
    Et les visiteurs contemplent un superbe enclos... inutilisé !

    Pas toujours, actuellement on y voit le couple reproducteur avec ses rejetons nés en 2009, mais qui devraient partir...
    A moins, qu'ils n'essaient de replacer les 3 frères de Münster ailleurs, et le retour de leurs filles poseraient certes moins de problèmes.
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    éric13
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    default Triste nouvelle

    Message par éric13 le Lun 21 Juin 2010 - 21:37

    JERKA (21 ans), la femelle ours polaire est morte subitement le 16 juin.

    Depuis 2 semaines, elle faisait des crises d'épilepsie mais était sous traitement. Une autopsie sera pratiquée pour éclaircir les causes de sa fin.
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    hipponain45
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    Message par hipponain45 le Mer 23 Juin 2010 - 15:25

    Un eurylaime à longue queue (Psarisomus dalhousiae). L’individu photographié en février 2010 était le dernier dans un parc zoologique européen. Il est mort peu de temps après ma visite.
    Bonne nouvelle , selon Zootierliste , un nouvel individu est arrivé à Wuppertal . Il a été vu en Mai 2010 . Je crois que c ' est lui que j ' ai photographié en Avril :

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    éric13
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    default Re: Découverte du Wuppertal Zoo (Allemagne) sous la neige !

    Message par éric13 le Lun 2 Aoû 2010 - 22:25

    Trois ans.

    Il aura fallu tout ce temps pour arriver à mettre en contact les 3 lions mâles (frères de portée) nés en 2006 à Münster avec les 2 femelles du zoo nées en 2003.
    Il ne fallait tout simplement pas brûler les étapes et être patient...

    Les visiteurs peuvent donc maintenant enfin observer le groupe de lions (tel qu'il avait été imaginé) sur leur terrain herbeux d'un hectare.

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